Patience

Un sentiment d’exaspération est dans l’air du temps. Le plus souvent nous réfrénons notre colère. Une certaine décence nous retient : que sont nos soucis en comparaison des malheurs qui frappent des populations entières ? Les embarras de Paris et les provocations des anti-cathos ne sont pas choses nouvelles, ni tellement dramatiques. Il nous faut garder le sens des proportions. Si nous nous indignons à tout bout de champ, on se lasse vite de nous écouter.

Faut-il élever la voix ? Oui. Parfois. Jean Baptiste et Jésus l’ont fait, et l’un et l’autre l’ont payé de leur vie.

Jean Baptiste a été « une voix qui crie » (Lc 3, évangile de ce dimanche). Un homme en colère ? Peut-être, mais surtout le messager d’une espérance. Il venait, Celui qu’on attendait depuis des siècles, le Messie.

Quelques mois plus tard, du fond de sa prison, Jean allait envoyer des messagers à Jésus pour lui dire son trouble. Tout n’avait pas changé en un clin d’œil. Que se passait-il ?

Le sage Qohéleth a écrit qu’il y a un temps pour toute chose (Qo 3,1). Y aurait-il donc un temps pour la colère ? Oui. C’est annoncé (Ap 16). Mais nous serions bien fous de vouloir hâter la venue de ce temps-là. « La colère de l’homme n’accomplit pas la justice de Dieu » (Jc 1,20). Si Dieu lui-même fait preuve de patience (2 P 3,9), nous devons certainement essayer d’en faire autant.

Patienter, c’est espérer. L’Avent est un temps pour cela. Il ne s’agit pas de baisser les bras. L’espérance n’est pas la résignation. Faisons tout ce que nous pouvons. N’hésitons pas à témoigner de notre foi et à manifester pacifiquement nos convictions. Pour le reste : Patience !

Père Jean-Loup Lacroix
(Tous Frères du 9 décembre 2012)

Print Friendly, PDF & Email

Les commentaires sont fermés.