Un Avent avec sainte Faustine

sainte_faustine-180x180Homélie du 5 décembre 2014 (1er vendredi du temps de l’Avent)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (9,27-31)

En ce temps-là, Jésus était en route ;
deux aveugles le suivirent, en criant : « Prends pitié de nous,  fils de David ! »
Quand il fut entré dans la maison, les aveugles s’approchèrent de lui,
et Jésus leur dit : « Croyez-vous que je peux faire cela ? »
Ils lui répondirent : « Oui, Seigneur. »
Alors il leur toucha les yeux, en disant :
« Que tout se passe pour vous selon votre foi ! »
Leurs yeux s’ouvrirent, et Jésus leur dit avec fermeté :
« Attention ! que personne ne le sache ! »
Mais, une fois sortis, ils parlèrent de lui dans toute la région.

Dans moins de trois semaines, se sera Noël. Ce premier vendredi de décembre est le premier vendredi du temps de l’Avent.« Avent » est un vieux mot qui vient du latin et qui signifie « venue », « avènement ». L’Avent, c’est la venue du Seigneur Jésus. Donc, c’est déjà Noël.

Il n’y a là rien de très étonnant puisque tout le monde sait bien qu’un enfant qui va naître, il est déjà là. On ne le voit pas. Autrefois, on était incapable de dire seulement si ce serait un garçon ou une fille. Mais tout le monde peut remarquer que sa mère attend l’heureux évènement de sa venue au monde.

L’Avent est un temps de préparation. Comme pendant le Carême, on célèbre la messe avec une chasuble et des étoles violettes. On fait l’effort d’aller se confesser. On essaye de prier un peu plus. On fait des efforts de partage. Et surtout, on attend.
On vit dans l’espérance : Dieu va venir !

Pendant le temps de l’Avent, trois personnages de la Bible sont nos modèles.

D’abord, il y a le prophète Isaïe. Sept cents ans avant la naissance de Jésus, il avait annoncé que Dieu allait venir. Un jour, les choses changeraient. Tout à l’heure, on a lu un extrait du chapitre 29 du Livre d’Isaïe. Nous l’avons encore dans l’oreille : « les sourds, en ce jour-là, entendront les paroles du Livre. Quant aux aveugles, sortant de l’obscurité et des ténèbres, leurs yeux verront. Les humbles se réjouiront de plus en plus ».

Le deuxième personnage de l’Avent, c’est saint Jean-Baptiste, le Précurseur. Isaïe disait : un jour, le messie viendra. Jean-Baptiste dit : c’est maintenant ! Le voilà ! Voici l’Agneau de Dieu ! C’est lui !

Troisième personnage, le plus important : Marie. Si nous voulons nous préparer à Noël, c’est avec elle qu’il faut le faire, bien sûr !
Dans les derniers jours qui précèderont Noël, on lira le récit de l’Annonciation, puis celui de la Visitation. Le jour de la Visitation, Marie trouve chez sa cousine Élisabeth une joie semblable à la sienne. L’Esprit-Saint leur donne de comprendre ce qui se passe et quel est l’enfant que Marie porte en elle.

Je me suis demandé comment sainte Faustine vivait le temps de l’Avent. La réponse est assez facile à trouver : à certaines périodes de sa vie elle écrivait presque tous les jours dans son « Petit journal ». On peut donc savoir quelles étaient ses activités, ses pensées, et ses prières.

En décembre 1936, moins de deux ans avant sa mort, Sœur Faustine est déjà très malade. Elle a 31 ans. Elle souffre de tuberculose qui était à cette époque une maladie mortelle dans beaucoup de cas. Au cours de ce mois, ses supérieures vont l’envoyer dans un centre de soins à Pradnik, près de Cracovie, où elle restera trois mois.

Le dimanche 29 novembre 1936, premier jour du temps de l’Avent, Sœur Faustine écrit :

« La Mère de Dieu m’a enseigné comment me préparer à la fête de la Nativité. Je l’ai vue aujourd’hui sans l’Enfant Jésus. Elle m’a dit : Ma fille, efforce-toi à la douceur et à l’humilité pour que Jésus, qui habite constamment dans ton cœur, puisse se reposer ».

Nous n’avons peut-être pas beaucoup l’habitude de penser que Jésus habite en nous du fait de la grâce de notre baptême. Pourtant, dans l’épitre aux Éphésiens chapitre 3 verset 17, saint Paul fait cette prière : « Que le Christ habite en nos cœurs par la foi, restés enracinés dans l’amour, établis dans l’amour ».

Il y a une condition pour que le Christ habite en nous, c’est la foi. La foi avec l’amour.
Sainte Faustine avait une grande foi. Le Christ habitait constamment dans son cœur. Mais Marie lui demande plus de douceur et plus d’humilité. De cette façon, Jésus sera en elle comme un petit enfant qui repose dans le sein de sa mère.

La Sainte Vierge continue son enseignement : « Adore-le dans ton cœur. Tu es une demeure agréable au Dieu vivant (…). Tâche d’agir ainsi jusqu’au jour de la Nativité ».  Tout cela peut nous sembler difficile à comprendre, mais nous pouvons retenir que sœur Faustine était invitée par Marie elle-même à vivre tout le temps de l’Avent en imitant spirituellement Marie qui portait le Christ en elle durant les neuf mois qui vont de l’Annonciation à la Nativité.

Sainte Faustine commence donc ce temps de l’Avent en expérimentant très fort la proximité de Marie.

Le 8 décembre, pour la fête de l’Immaculée Conception, elle « sent » Marie qui la serre contre son cœur et qui lui dit : « J’ai toujours compassion de toi ».

Le lendemain, elle part pour l’hôpital. Elle se sent très seule, loin de ses sœurs, mais elle sait que Jésus est là. Dans cet hôpital, souvent des gens meurent. À plusieurs reprises, Faustine se réveille pendant la nuit et elle comprend qu’elle doit prier pour quelqu’un qui est en train de mourir. Un jour, elle se lève pour aller auprès d’une personne mourante. Une voix intérieure lui dit qu’elle doit réciter le chapelet de la Miséricorde. Elle comprend clairement que le moment de l’agonie est souvent le moment d’un combat contre les esprits des ténèbres.

Dans cet hôpital, il ne lui est pas possible de se confesser, mais il y a des messes et elle peut communier. Plusieurs faits surnaturels se produisent qu’on hésiterait à croire si Sainte Faustine n’avait pas été canonisée. En fait, sœur Faustine vit dans un très intense combat spirituel, avec des moments de très grandes souffrances et des moments de très grande joie. Les gens qui l’entourent ne pensaient pas souvent à Dieu, même quand la mort approche, et c’est elle qui prie pour eux.

Je me suis demandé quel rapport il y avait entre ce combat spirituel, que vivait sainte Faustine et le temps de l’Avent. Il me semble que ce qu’il faut souligner, c’est la foi de Faustine : une foi qui ressemble à celle de Marie avant la Nativité.

Faustine vit dans un pays catholique. Dans son hôpital, il y a des messes. Pourtant elle constate que les gens pensent peu, beaucoup trop peu, au Seigneur. En somme, saint Faustine est  alors comme Marie dans les mois qui précédaient la naissance de Jésus. Qui donc savait quel était l’enfant que Marie portait ? Qui donc savait que Dieu était présent en elle ? Deux personnes semble-t-il : Joseph et Elisabeth.

Le prophète Isaïe avait annoncé que le Messie ouvrirait les yeux des aveugles. Plus tard, comme nous l’avons entendu dans l’évangile, Jésus allait en effet mettre en œuvre la puissance divine qu’il possédait pour guérir des aveugles. Il leur demandait la foi. Aux deux aveugles qu’il trouve sur la route il demande : « Croyez-vous que je peux faire cela (vous guérir) » ; ils disent oui et ils sont guéris. Sans la foi, sans assez de foi, notre âme est aveugle.

Sainte Faustine était une voyante, au meilleur sens du mot. Elle avait des visions, mais surtout, elle avait la foi. Surtout, elle faisait confiance à Jésus. En 1936, quand Faustine entre dans cet hôpital près de Cracovie, cela fait plus de deux ans qu’elle a fait peindre le tableau de Jésus miséricordieux avec l’inscription « Jésus, J’ai confiance en Toi ». Elle sait que son chemin doit être celui de la confiance, encore et encore.

Le 24 décembre, elle note le grand désir qu’elle a de rencontrer Jésus. Ce désir est comme un sentiment de « nostalgie » ; comme le désir de quelqu’un qui est en exil et qui languit dans l’attente du retour dans sa patrie. Elle prie Marie : « Je désire si ardemment que tu me donnes le Petit Jésus pendant la messe de Minuit ».

Cette prière sera exaucée. Le lendemain, elle note ce qui s’est passé : « La messe de minuit. Pendant la sainte messe, la présence de Dieu me transperça. Un moment avant l’élévation, je vis la Mère, le Petit Jésus et le Bon Joseph ». « Quand je reçus le Seigneur Jésus dans la sainte communion toute mon âme se mit à trembler sous l’influence de la présence de Dieu ».

Tout à l’heure, nous allons nous approcher du Seigneur Jésus pour être bénis ou pour communier. Ensuite, nous l’acclamerons. Nous pourrions demander déjà à Marie que les yeux de notre âme s’ouvrent, par la foi, pour que nous reconnaissions la puissance du Seigneur et pour que notre foi grandisse.

Père JL LACROIX

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