Ombres et lumière

« En sortant du Temple, Jésus vit sur son passage un homme aveugle de naissance. »  Jésus va guérir cet homme. Ensuite, ce sera la polémique. Les Pharisiens ne veulent pas admettre le fait que Jésus ait pu donner la vue à cet homme. Ils nient l’évidence.

Si nous aimons la vérité, nous ne ferons pas comme les pharisiens. Nous accepterons les faits, même quand ils sont pour nous des scandales.

Je pense souvent aux actes criminels commis par des prêtres contre des enfants ou des jeunes. Cette semaine, une émission de télévision a de nouveau braqué le projecteur sur le sujet. Fait nouveau, les évêques de France ont refusé de participer. Je cite : « Il apparaît que cette émission soit plus préoccupée d’accuser que d’expliquer. La Conférence des évêques de France, soucieuse de participer à la vérité tout autant que de travailler à la lutte contre la pédophilie, considère, dans ces conditions, ne pas pouvoir faire valoir la vérité des faits. »

Les lecteurs réguliers de notre feuille paroissiale savent que j’ai déjà abordé le sujet en disant ma honte. Puis-je dire aujourd’hui mon sentiment d’injustice ? Ce sont toujours les prêtres que l’on accuse !

Je sais : c’est largement de notre faute. Nous avons longtemps été dans le déni. Nous voulions croire que sur mille prêtres, on n’en trouvait tout au plus un ou deux qui soient fautifs. Nous laissions entendre cela parce que nous le pensions nous-mêmes. Les chiffres véritables sont dix fois supérieurs.

Nous avons à admettre les faits. Tous. Ceux qui nous désolent comme ceux qui nous redonnent courage. Les évêques nous le disent : « quoi qu’il en coûte, rechercher la vérité » (voir ci-dessous).

Je reviens à l’évangile de l’aveugle-né. On explique à l’homme que Jésus a guéri que son témoignage ne vaut rien. Il ne se laisse pas intimider. Il dit les faits. Les simples faits : il était aveugle, il voit.

Nous devrions être certains d’une chose : les faits plaident pour Dieu. À vrai dire, ils ne sont pas seulement des arguments en faveur de la foi, ils en sont le fondement même. Le christianisme n’est pas une philosophie, c’est une histoire.

Alors, oui : faire la vérité.

Père Jean-Loup Lacroix


Une préoccupation constante. Les révélations d’abus sexuels concernant les enfants et les jeunes et les jeunes ne tombent jamais dans l’indifférence. Et quand il arrive qu’un membre de l’Église soit mis en cause, les réactions atteignent une très grande violence, la déception étant à la hauteur des attentes.

Rechercher la vérité. Quoi qu’il en coûte, la recherche de la vérité, aussi brûlante soit-elle, reste la première des exigences. Désormais, aucun groupe, aucune institution, aucun mouvement ne pourra, ni ne devra nier, ou dissimuler les faits. L’Église catholique s’y est engagée fermement. Le passage par l’épreuve de vérité n’est pas négociable : il s’impose.

Bien traiter les enfants et les jeunes demande du courage et des efforts prolongés : redire haut et fort les interdits, rappeler les exigences de la loi, réhabiliter les fondements même de notre vie sociale que sont la distinction des générations et la différence des sexes. Ce combat ne souffre aujourd’hui ni restriction, ni hésitation, ni faux pas. Il réclame d’être poursuivi courageusement.

Source : Site de la Conférence des Évêques de France.

 

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