Rameaux

Une petite mise en scène. Elle est modeste : un âne, des manteaux sur le sol, des branchages que l’on agite.

Il entre dans la Ville. Il ne sera pas dit qu’il aura refusé d’être roi. L’évangéliste saint Matthieu écrira : « Cela est arrivé pour que soit accomplie la parole prononcée par le prophète : Dites à la fille de Sion : Voici ton roi qui vient vers toi, plein de douceur, monté sur une ânesse et un petit âne, le petit d’une bête de somme. »

L’entrée du Christ à Jérusalem ouvre la Semaine Sainte. Jeudi, nous célébrerons le Dernier Repas. Vendredi, la Passion. Ensuite, ce sera le grand silence du Saint Sabbat. La nuit suivante : Pâques.

Je repense au petit groupe des disciples qui agitaient leurs branchages. Quand Jésus avait connu le succès, il avait refusé d’être proclamé roi. Les foules s’étaient alors détournées de lui. Eux, ils lui étaient restés fidèles. Le Seigneur leur avait ensuite expliqué qu’il fallait qu’il monte à Jérusalem. Il précisait : pour y être tué. Incompréhensible !

On approchait maintenant du dénouement. J’imagine que leurs sentiments étaient mélangés. Ils étaient certainement heureux que Jésus se laisse enfin acclamer. Mais trop de choses les inquiétaient. Non sans raison.

Nous leurs ressemblons. Ce dimanche, nous aurons nos palmes et nos rameaux. Nous serons heureux d’acclamer le Christ. Mais d’autres sentiments habiteront notre cœur. De quoi demain sera-t-il fait ? Quel sera l’avenir de notre pays ? L’avenir de la foi ?

Entrer dans la Semaine Sainte, c’est accepter de suivre le Christ sur un chemin qui conduit à la Croix. Pour finir, ce sera la Résurrection, mais pas directement. Le préalable, c’est la croix. Saint Paul explique cela : « Si nous avons été unis à lui par une mort qui ressemble à la sienne, nous le serons aussi par une résurrection qui ressemblera à la sienne » (Rm 6,5). Tout le christianisme est là.

Nous voulons suivre Jésus. Jusqu’au bout. Pourquoi fallait-il qu’il meure ? Pourquoi devons-nous porter notre croix à notre tour ? Les réponses nous échappent. Peu importe.

Ce qui nous motive, c’est ce qui motivait la petite foule des Rameaux, à Jérusalem. Nous comprenons que le Christ mérite absolument confiance. Même quand on voudrait douter.

En fait, nous l’aimons.

Père Jean-Loup Lacroix

 

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