Construire le Séminaire (suite)

Or dès 1642, les candidats frappaient à la porte du Séminaire. De quoi se réjouir, mais où les loger ? Les difficultés furent d’abord matérielles – d’autant qu’on acceptait aussi des séminaristes sans ressources.

On trouva une maison voisine du presbytère, dite A la Belle Image, car elle portait une image de la Vierge. L’actuel 9 rue Guisarde. Un minimum d’aménagements ? Marie Rousseau, l’ancienne cabaretière qui avait contribué à la venue d’Olier, aida de ses deniers. Mais ce n’était qu’un campement – repas et temps de prière pris avec les prêtres de la paroisse ; exigu, insalubre : plusieurs tombèrent malades.

Vivre pauvrement, oui. Mais les uns sur les autres ? Il fallait du silence, des lieux d’étude. En envoyer certains à Vaugirard ? Et les entrées affluent : 12 à 25 par an ; certains resteront quelques mois, d’autres un an, ou plusieurs années ; certains deviendront à leur tour formateurs.

Quand Olier veut bâtir des corps de logis dans le jardin du presbytère, les marguillers s’y opposent : le Séminaire n’est pas l’affaire de la paroisse. Olier n’est-il pas comme l’homme insensé qui bâtit sa maison sur le sable sans en avoir d’abord assuré les fondations, les exigences concrètes ? Le projet est voué à l’échec.

Même ses proches doutent. Et Henri de Bourbon, l’Abbé de Saint-Germain dont Olier dépend, est défavorable.

Pourtant, le 2 mai 1645, Olier monte à Montmartre avec deux compagnons. Là, ils promettent devant Dieu de poursuivre l’œuvre du Séminaire : ensemble, former pour Dieu des prêtres qui puissent le servir en esprit et en vérité. (À suivre)

Lucile Villey

L’intégralité de chroniques précédentes : http://pss75.fr/saint-sulpice-paris/petite-chronique-pour-lannee-olier/

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