Première Communion

Mercredi dernier, retraite de première communion. Avec un groupe d’enfants, nous regardons des images de la Cène. Ils savent que c’est le dernier repas de Jésus, la veille de sa mort.

Je leur projette la reproduction de la peinture de Philippe de Champaigne qui est au Louvre. On admire les beaux plis de la nappe et l’aiguière du premier plan. Mais que font les convives ? Ils se tournent les uns vers les autres. Leurs belles grandes mains, admirablement peintes, expriment un grand étonnement.

Le peintre a voulu nous faire saisir la surprise des Apôtres. Ce soir-là est une première fois. Ils avaient compris que c’était un repas d’adieu, mais voici que Jésus a pris ce pain. Il a le visage et les yeux tournés vers le ciel. Son geste est un geste de bénédiction.

J’insiste : Est-ce que vous comprenez ce qui se passe ? L’un des enfants a sous les yeux le petit livret préparé par les catéchistes. Pour répondre à ma question, il se met à lire le texte de saint Paul : « La nuit même où il était livré, le Seigneur Jésus prit du pain, puis, ayant rendu grâces, il le rompit et dit : Ceci est mon corps qui est pour vous. »

Les enfants écoutent attentivement, comme s’ils découvraient toute l’histoire pour la première fois.

On lit jusqu’au bout. Je commente les derniers mots : « Faites cela en mémoire de moi. » Chaque fois que nous célébrons l’eucharistie, nous obéissons à cet ordre de Jésus. Je dis aux enfants : « Dimanche, pour votre Première Communion, nous ferons ce que le Seigneur a fait. »

J’essaye de bien leur expliquer l’attitude de Jésus. Il « rend grâces ». Cela veut dire qu’il se tourne vers Dieu pour exprimer sa gratitude. Il sait qu’il va mourir. Judas est là, à gauche, avec le manteau jaune et la bourse qui sont les signes de sa trahison. Cela n’empêche pas Jésus de bénir Dieu pour ce pain.

Quand des enfants communient pour la première fois, ils nous aident à retrouver cet étonnement que Philippe de Champaigne a si bien exprimé. Les disciples venaient de comprendre que Jésus al-lait mourir, mais il ne voulait pas les quitter sans leur laisser le don sans égal du sacrement de son corps livré pour nous.

Plus tard, les Apôtres se souviendront que ce dernier repas n’aura pas été celui de la peur, ni tellement celui de la tristesse, mais bien celui de la prière, et de l’amour.

Quand on communie pour la première fois, si on a bien compris, on a envie de recommencer. Souvent.Père Jean-Loup Lacroix

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