« I.C.P. »

L’Institut Catholique de Paris (I.C.P.) fait partie du paysage de notre quartier. Jusqu’à tout récemment, on remarquait surtout le bâtiment de la fin du XIXe siècle, avec ses grandes façades de brique et ses toits pentus. On aperçoit désormais plus facilement la partie ancienne, celle du XVIIe siècle, plus sobre et non moins belle.

Je pourrais vous raconter mes souvenirs. Je repense à mes enseignants de jadis, des prêtres pour la plupart : jésuites, dominicains, sulpiciens ou prêtres diocésains. Tous étaient de véritables chercheurs et des travailleurs acharnés. Ils étaient motivés par cette conviction que science et foi sont des alliées. On ne doit pas redouter leur confrontation, même si celle-ci exige en pratique un labeur sans fin.

Une formule de saint Anselme de Cantorbéry nous inspirait : fides quaerens intellectum, la foi qui cherche à comprendre.

Tout n’était pas complètement facile. Les « maîtres du soupçon » dominaient le paysage intellectuel de ces années 1970. Nos enseignants avaient assez de hauteur de vue pour faire la part des choses, mais nous sentions bien que l’attaque était rude.

La cour de l’Institut Catholique en juin 1975. Très exactement le même site que sur l’illustration ci-contre !

Ce dimanche après-midi, nous sommes invités à une visite du campus rénové. Celle-ci est ouverte à tous les chrétiens de notre doyenné « Rennes-Luxembourg ». Il suffit de se présenter un peu avant 15h30 à la nouvelle entrée « Carmes » du 74 rue de Vaugirard.

Le Recteur, Mgr Philippe BORDEYNE, nous accueillera lui-même dans le nouvel amphithéâtre sous la cour d’honneur. Il nous racontera certainement comment les archéologues ont eu la surprise de découvrir à cet emplacement les restes d’un village du début du 1er siècle, donc contemporain du Christ. Je suppose qu’il évoquera aussi la création de l’ICP, en 1875, et l’importance qu’il a prise aujourd’hui. À 17h00, nous nous rassemblerons dans l’église Saint-Joseph des Carmes pour chanter vêpres avec la communauté des Carmes de la rue Jean-Ferrandi.

De très nombreux souvenirs seront présents à nos mémoires : ceux des humbles religieux des XVIIe et XVIIIe siècles, ceux des martyrs de 1792, ceux de Lacordaire, d’Ozanam, ou encore de Christian de Chergé.

L’Institut Catholique donne aujourd’hui une image de jeunesse et de modernité, mais il ne renie rien de l’héritage deux fois millénaire qui est le sien. En nous rendant sur place, nous pourrons toucher cela du doigt.

Père Jean-Loup Lacroix

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