Noël !

« Et soudain, il y eut avec l’ange une troupe céleste innombrable, qui louait Dieu en disant : Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes, qu’Il aime » (Luc 2,20).

Dans la nuit de Bethléem, le ciel et la terre s’embrassent. Le Créateur et la créature. Dieu et l’humanité.

L’Enfant de la Crèche, c’est Dieu qui est venu prendre place dans la famille humaine. Un petit être de notre espèce, parmi des milliards d’autres. Noël, c’est l’humanité de Dieu.

Saint Jean exprimera le même événement en utilisant un autre mot : « Le Verbe s’est fait chair » (Jn 1,14). La chair, c’est le corps dans sa vulnérabilité : non pas le squelette, mais tous ces organes que le sang irrigue, et qu’on peut si facilement meurtrir. C’est l’humanité dans sa sensibilité : qui crie, qui désire et qui prie. « Mon cœur et ma chair sont un cri vers le Dieu vivant » (Psaume 83). Noël, c’est l’incarnation de Dieu. Sa venue en notre chair.

La mode est au post-humanisme. On se persuade que, tôt ou tard, vont apparaître des êtres nouveaux, aussi différents de nous que nous pouvons l’être des animaux. Des surhommes.

Mais regardons plutôt l’Enfant de la Crèche : un petit être de chair et de sang, pas un super-robot.

Il n’est pas invulnérable, et pourtant, il est le Messie. Celui qu’on attendait depuis toujours. Celui que les prophètes annonçaient pour la fin des temps.

Le Christ ne représente pas une simple étape de l’histoire universelle. Il est le dernier mot de Dieu.

L’incarnation, c’est l’ultime rencontre.

Les sagesses de tous les peuples disent unanimement la grandeur humaine. Ce que le christianisme ajoute, c’est que notre humanité n’est pas un réceptacle trop fragile pour que Dieu y fasse sa demeure.

Notre petitesse n’est pas telle que Dieu ne saurait l’habiter.

Il est tout à fait naïf de croire que des êtres plus intelligents seraient par le fait même plus sages et plus saints. Cela se saurait !

Notre problème n’est pas qu’il nous manquerait encore un petit quelque-chose. Monter une marche de plus ne nous fera pas entrer au ciel.

La nuit où naquit le Fils de Dieu, des hommes aussi ordinaires que les bergers furent capables de trouver le chemin de l’étable où reposait le Roi des Rois. Elle n’était ni trop loin, ni trop haut pour qu’ils y parviennent.

Père Jean-Loup Lacroix

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