Épiphanie

« Or, voici que des mages venus d’Orient arrivèrent à Jérusalem. »
L’histoire est étonnante. Saint Matthieu a pourtant jugé qu’elle était digne d’être insérée dans son évangile. Nous devinons son intention. Il voulait montrer d’emblée que l’Évangile est destiné à tous les peuples. Relisons les dernières paroles du Christ, au tout dernier des 28 chapitres de Matthieu : « Allez ! De toutes les nations faites des disciples » (Mt 28,19).
Saint Matthieu avait autre chose en tête. Les Mages sont un modèle qu’il nous propose. Nous devons adorer le Christ comme ils le firent, avec amour et désintéressement.
Pas de vie chrétienne sans amour de Jésus.
Ces savants avaient appris que le peuple juif était le dépositaire d’une promesse qui trouverait son accomplissement lorsque surviendrait le « roi des juifs ». Un phénomène céleste les convaincque ce personnage vient de naître. Ils font alors un très long voyage simplement pour se prosterner devant lui et lui offrir quelques présents. N’avaient-ils rien de plus important à faire ? Non.
Comprenne qui pourra.
Plus je médite toute cette histoire, plus je réalise qu’il ne faut pas trop la simplifier. Nous sommes très loin de bien en saisir toute la portée. Mais n’est-il pas normal qu’il en soit ainsi ? Qui oserait dire qu’il a tout compris des Évangiles ?
Oui, l’Épiphanie est la grande fête de la Mission. Chaque année, elle vient nous redire que l’Évangile doit être annoncé à tous. Mais l’Épiphanie est aussi, comme son nom l’indique, la fête de la manifestation de Dieu. Elle est une invitation à la contemplation de Dieu fait homme.
Ce n’est pas tout. L’Épiphanie nous parle de la cruauté des tyrans, du sort des innocents et de celui des réfugiés. J’oserai dire qu’elle est pour nous une invitation à choisir notre camp.
Il y a aussi le côté merveilleux de toute l’histoire. Qu’on ne me dise pas qu’elle est incroyable. J’ignore l’enchaînement exact des faits qui ont suivi la naissance du Christ, mais je constate qu’il en existe en notre temps qui ne sont pas moins étonnants.
Aujourd’hui comme hier, Dieu est parfaitement libre d’aller chercher au plus loin, par des chemins tout à fait surprenants, ceux qui sauront l’adorer.
Père Jean-Loup Lacroix

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