Jésus dans la nuit

Le soir venu, après le coucher du soleil,
on lui amenait tous ceux qui étaient atteints d’un mal
ou possédés par des démons.
La ville entière se pressait à la porte.
Il guérit beaucoup de gens atteints de toutes sortes de maladies,
et il expulsa beaucoup de démons ;
il empêchait les démons de parler,
parce qu’ils savaient, eux, qui il était.

Le lendemain, Jésus se leva, bien avant l’aube.
Il sortit et se rendit dans un endroit désert,
et là il priait.
Simon et ceux qui étaient avec lui partirent à sa recherche.
Ils le trouvent et lui disent :
« Tout le monde te cherche. »
Jésus leur dit :
« Allons ailleurs, dans les villages voisins,
afin que là aussi je proclame l’Évangile ;
car c’est pour cela que je suis sorti. »

Et il parcourut toute la Galilée,
proclamant l’Évangile dans leurs synagogues,
et expulsant les démons.
(Marc 1)

 

The Temptation In The Wilderness, Briton Riviere, 1898

Jésus sort dans la nuit.
Il affronte la nuit.
La veille au soir, comme il faisait déjà nuit, beaucoup de gens étaient venus le trouver dans la maison de Pierre, à Capharnaüm. Saint Marc précise : des gens qui avaient un mal, ou des «démoniaques»: des gens possédés par les démons.
On imagine tous ces pauvres gens, entassés dans une pièce sombre, ou peut-être dans la cour, alors qu’il fait nuit. Leur vie était dévastée par une maladie grave, ou par quelque chose de plus grave encore.
Jésus affronte tout ce mal. Sa puissance est celle de Dieu. Il les guérit.
Quelques heures plus tard, Jésus quitte la maison. Il s’éloigne un peu. Il va dans un endroit désert. Saint Marc précise que la nuit était totale. On a traduit : « bien avant l’aube. » Le jour était encore loin. Qu’est-ce que faisait Jésus, dans cet endroit désert, au milieu des ténèbres ?
Il priait.
Quand on aime Dieu, quand on cherche Dieu, il est assez normal de prier la nuit. Pourquoi ? Parce que la nuit est le temps du silence ? Parce qu’on y est moins distrait ? Parce que les choses profondes peuvent venir à notre esprit quand nous sommes quelque part entre l’éveil et le sommeil, entre le rêve et la réalité ?
Oui, certainement. Mais il y a une autre raison. La nuit est souvent le temps de la souffrance et de la peur. Elle est parfois le temps de l’agonie. Jésus priera une dernière fois, une dernière nuit, au Jardin des Oliviers, à Gethsémani. Il priera seul, cette fois encore, parce que Pierre, Jacques et Jean se seront endormis.
Il y a des nuits qui sont terribles.
« Je ne compte que des nuits de souffrance. A peine couché, je me dis : quand pourrai-je me lever? Je suis envahi de cauchemars jusqu’à l’aube. » Vous reconnaissez notre première lecture, dans le livre de Job.
Jésus prie dans la nuit.
Il se tient devant son Père.
Le Père qui l’a envoyé.
Il lui faut poursuivre l’œuvre commencée.

Au début de la même nuit, il a affronté le mal. Il va continuer, ailleurs, dans d’autres villages, dans toute la Galilée. Partout, il va proclamer l’Évangile, il va chasser les démons.

Nous venons d’avoir la joie d’accueillir huit nouveaux catéchumènes. Ils ont été marqués du signe de la croix. Un long chemin les attend. Ils vont se préparer au baptême.

Le temps de catéchuménat est le temps d’une instruction religieuse. Ils vont être catéchisés.
Mais ce ne sera pas seulement quelque chose d’intellectuel. Ce sera la proclamation de la Bonne Nouvelle et l’apprentissage de la foi.

Ce sera aussi le temps d’une lutte contre le mal.
On ne peut pas s’approcher de Jésus sans devenir plus lucide sur ses faiblesses, sans reconnaître ses torts passés, sans admettre la part de ténèbres que l’on porte en soi.
Il faut faire comme ces gens qui étaient venu le trouver dans la maison de Pierre, et qu’il avait libéré de leur mal, chacun.

Dans la nuit, Jésus n’avait pas peur. La lumière était en lui. Il était la lumière, celle de Dieu, venue dans le monde.
Saint Jean écrira au début de son évangile : « et les ténèbres ne l’ont pas emporté. »

(Homélie pour le 5me dimanche du Temps Ordinaire, 4 février 2018)

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