Homélie du dimanche des Rameaux

La Passion de notre Seigneur Jésus Christ selon saint Marc

(…) L. Même ceux qui étaient crucifiés avec lui l’insultaient.

Quand arriva la sixième heure (c’est-à-dire : midi),
l’obscurité se fit sur toute la terre
jusqu’à la neuvième heure.

Et à la neuvième heure,
Jésus cria d’une voix forte :
X « Éloï, Éloï, lema sabactani ? »,
L. ce qui se traduit :
X « Mon Dieu, mon Dieu,
pourquoi m’as-tu abandonné ? »

L’ayant entendu,
quelques-uns de ceux qui étaient là disaient :
F. « Voilà qu’il appelle le prophète Élie ! »

L’un d’eux courut tremper une éponge dans une boisson vinaigrée,
il la mit au bout d’un roseau, et il lui donnait à boire,
en disant :
A. « Attendez ! Nous verrons bien
si Élie vient le descendre de là ! »

Mais Jésus, poussant un grand cri,
expira.

– Acclamons la Parole de Dieu.

Jésus est mort.
Son tombeau a été refermé.
Ses disciples comme ses ennemis vont maintenant respecter le repos du sabbat. Le surlendemain, son tombeau sera trouvé vide.
Ensuite, pendant 40 jours, ses disciples le rencontreront, de manière répétée, sans trop comprendre, sans tout de suite oser croire.
Ensuite encore, ils s’en iront partout, pour annoncer qu’il s’était relevé d’entre les morts.
On aurait pu s’attendre à ce qu’ils racontent de manière détaillée ses rencontres avec lui. Ce n’est pas ce qu’ils ont fait. Ce que les quatre évangélistes nous racontent de manière détaillée, c’est la passion.

Nous venons d’entendre le récit de Saint Marc. C’est le plus terrible. Les quatre récits des quatre évangiles sont terribles, mais celui de Saint Marc très particulièrement. Pourquoi avoir écrit cela ? Pourquoi ce dimanche des Rameaux, tous les ans, pour écouter une fois encore le récit de l’agonie, du procès, des tortures et de la mort de Jésus ?

Ne ferait-on pas mieux d’oublier ?
Ne suffirait-il pas de garder le souvenir des jours bénis où Jésus parcourait la Galilée et guérissait les malades ?
Ne pourrait-on pas garder ces récits de la passion, mais sans jamais les relire, comme on le fait avec des archives embarrassantes qu’on ne se sent pas le droit de détruire, mais que l’on préfère oublier ?

L’Église n’a jamais fait ainsi.
Ce n’est pas seulement une question d’honnêteté. Il y a que la longue passion de Jésus n’avait pas été un échec. Elle ne fut ni le démenti de son message, ni une absurdité.
Il était venu pour enlever le péché du monde. Il devait mettre sur ses épaules tout le monstrueux fardeau des violences et des mensonges de l’humanité entière. Pour cela, il a dû porter sa croix, douloureusement, longuement.

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