Cohérence

Le Sommeil de l’Enfant Jésus de SASSOFERRATO (1609-1685) : pour le Mois de Marie et en hommage à toutes les mamans

Face à l’opinion et aux pouvoirs publics, on voit nos évêques qui élèvent la voix pour défendre l’enfant à naître, ou la personne en fin de vie, ou encore toute personne en situation de précarité.

Cela plaît ou cela ne plaît pas. On trouve que les évêques parlent trop d’un sujet ou pas assez d’un autre. Ou bien, on n’est pas au courant de ce qu’ils disent et font. Tous les ans, au mois de mai, la cathédrale Notre-Dame accueille une « Veillée de prière pour la vie » avec tous les évêques de l’Ile-de-France (le mercredi 16 mai à 19h30, cette année). Sait-on cela ?

Trop peu nombreux sont ceux qui comprennent que c’est la même inspiration, celle de l’Évangile, qui nous engage à nous tourner vers tous les plus faibles. Sans choisir. Pour leur venir en aide, mais aussi parce que nous avons besoin d’eux. Sans les plus pauvres, une part très essentielle de notre humanité serait perdue. Nos fantasmes de vie facile ne sont qu’un miroir aux alouettes. Les plus démunis nous réapprennent à aimer la vie même quand nous en perdons la maîtrise.

Il serait incohérent de retenir une cause mais pas une autre. Par exemple, la lutte pour la vie mais pas le combat pour la justice.

Je sais bien que nous pouvons nous sentir submergés. Les violences sont innombrables. On commence seulement à prendre conscience du nombre effroyable des atteintes à l’intégrité sexuelle des personnes. On découvre aussi que l’esclavage ne fut pas un phénomène limité dans le temps. Il apparaît dès l’aube de l’histoire humaine. Il se poursuit aujourd’hui en trop de lieux. Nous constatons aussi avec inquiétude que l’âpreté des conflits sociaux persiste jusqu’à aujourd’hui.

Grâce à Dieu, ceux qui ne renoncent ni à la justice ni à la miséricorde demeurent innombrables. Des formes nouvelles de solidarité apparaissent. J’ai récemment été contacté par une petite association qui se développe rapidement et qui cherche du soutien. Son nom : « Pour un petit bagage d’amour ». L’idée est de rassembler un peu de layette et quelques produits d’hygiène pour des jeunes femmes qui vont accoucher.

Locaux actuels de l’Association. Source : page Facebook de « Pour un petit Bagage d’Amour »

Rien n’est plus triste que de ne pas avoir de quoi vêtir son enfant après l’avoir mis au monde. Les grands hôpitaux ne savent plus gérer de telles situations. Quelques mères de famille ont ouvert une page Facebook pour appeler au secours. Elles confectionnent leurs « petits bagages » avec les dons qu’on leur fait parvenir. Elles en sont déjà à distribuer 10 petites valises par semaine…

Si nous pouvions soutenir cette jeune association, ce serait tout à fait sympathique, mais ce serait surtout le signe que nous sommes cohérents. Nous prônons le respect de la vie. Nous sommes en train de nous engager dans un effort d’information et de réflexion sur les questions de bioéthique. Nous réclamons que les migrants et réfugiés soient traités avec respect et humanité. Si nous pouvions aider ces jeunes accouchées, souvent des réfugiées, ou du moins « aider à les aider », nous mettrions nos actes en accord avec nos idées.

Nous cocherions toutes les cases d’un coup !

Père Jean-Loup Lacroix

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