Naissance

Dans les Actes des Apôtres, saint Luc raconte comment, le soir même de l’Ascension, les disciples retournèrent du Mont des Olivers jusqu’à « la chambre haute où ils se tenaient habituellement » (Ac 1,13). Il s’agit très probablement du lieu de la sainte Cène, le Cénacle. Luc précise encore qu’ils étaient « assidus à la prière » et qu’il y avait avec eux « des femmes avec Marie, la mère de Jésus » (1,14).

Marie est la seule nommée. Nous comprenons que son rôle va être capital. L’Église va naître, et elle en sera la mère.

Vingt ans plus tard, saint Paul écrira aux chrétiens de Corinthe : « Vous êtes le Corps du Christ » (1 Co 12,27). L’Église n’est pas une association, ni une organisation non-gouvernementale, moins encore une société secrète. Qu’est-elle donc ? Voici la réponse du concile Vatican II : « le Peuple de Dieu, le Corps du Christ et le Temple de l’Esprit » (LG 17) : trois appellations qui s’éclairent mutuellement.

Bossuet a écrit : « L’Église, c’est Jésus-Christ répandu et communiqué ». Il ajoutait : « c’est Jésus-Christ tout entier, c’est Jésus-Christ homme parfait, Jésus-Christ dans sa plénitude ».

Marie est la Mère de l’Église parce qu’elle est la mère du Christ. Vous me direz : « Qu’est-ce que cela change ? » Cela change que Marie n’est pas seulement la première des croyants de la Nouvelle Alliance. Elle a un rôle à jouer à l’égard de l’Église. Rôle analogue à celui qui fut le sien à l’égard de Jésus, non pas seulement pour sa naissance et quand il fut un enfant, mais tout au long de sa vie.

Quand nous lisons les Évangiles, nous constatons combien elle savait se faire discrète. On la voit surtout dans deux moments-clés : lors des noces de Cana et pendant la Passion.

Un fils devenu adulte apprécie que sa mère le laisse conduire sa vie, mais il ne doit oublier ni ce qu’il lui doit, ni qu’il lui fera grand plaisir en faisant appel à elle.

Marie demeure à tout jamais pour l’Église ce qu’elle fut pour Jésus dans son enfance comme dans son âge adulte : une mère. Une femme qui vous a donné la vie, qui compatit, qui fait confiance et dont le sourire unique vous accompagne à jamais.

On trouve dans certaines religions des divinités féminines qui sont de magnifiques figures de bienveillance et de protection. Marie est cela. La différence est que les plus admirables des figures maternelles divinisées ne sont que la projection de nos rêves d’enfant, tandis que Marie est bien réelle.

Quand nous pensons à elle, ce n’est pas comme à une douce illusion. Nous sommes plutôt comme celui qui s’approcherait d’une porte. Au-delà de cette porte : un jardin secret. Son nom : le paradis.

Je n’invente rien. Elle est la Porte du Ciel.

Père Jean-Loup Lacroix

Print Friendly, PDF & Email
Pour marque-pages : Permaliens.

Les commentaires sont fermés.