Première communion

Un enfant s’avance. Il reçoit l’hostie. On lui a expliqué que c’était important. Désormais, il pourra dire : « J’ai fait ma première communion ! »

Allons-nous dire que ce n’est là que la première étape d’une longue série ? Le simple début d’une histoire à poursuivre ? Des communions, en effet, il y en aura d’autres.

On essayera de les vivre sérieusement. À chaque fois, on vous dira : « Le Corps du Christ ». On répondra : « Amen. » Oui, une fois de plus, ce jour-là, puis cet autre jour, puis d’autres encore, ce sera Dieu qui viendra à nous pour se faire notre nourriture.

Toute communion est un grand jour. À chaque fois, ce qui se produit dépasse toute imagination. La petite hostie est le signe infiniment modeste de l’infiniment grand, de Dieu lui-même.

Il est grand le mystère de la foi !

Le geste de recevoir l’hostie est absolument naturel. L’événement est surnaturel. Les hosties sont si petites et légères que l’on pourrait hésiter à dire qu’il s’agit d’une nourriture. Pourtant, la messe est un repas, et pas n’importe lequel. Les vieilles prières latines en parlaient comme d’un banquet. On expliquait que chaque messe prépare et annonce le « grand festin » du Ciel, au bout du chemin.

Dans certaines paroisses, on a pris l’habitude de parler de « la première des communions » pour faire comprendre qu’une première communion doit être suivie par beaucoup d’autres.

La toute première communion ne doit pourtant pas être sous-estimée. Une image m’est venue : celle de cercles concentriques dans lesquels on pénètre tour à tour. Pour un adulte ou un enfant déjà grand, il y a d’abord eu l’entrée en catéchuménat, puis le baptême. Le jour de la Première Communion, on pénètre dans le dernier cercle. On est parvenu à ce qui constitue le centre même de la vie chrétienne.

À partir de ce moment, rien ne vous manque de ce qui permet d’aller avec Jésus jusqu’au bout du chemin. Il vous reste à réaliser quel don vous avez reçu et à demeurer fidèle, mais « on a tout eu ».

Expliquons cela autrement. Le baptême et l’eucharistie sont les deux principaux « sacrements de l’initiation ». Cela signifie que, après les avoir reçus, on fait partie des « initiés ». Pas ceux qui auraient des informations tenues secrètes, mais bien « ceux du dedans ».

Le chemin de l’Église est comme celui d’une caravane ou d’un groupe de coureurs qu’il serait possible de rejoindre en tout point. Ensuite, on marche avec tous les autres.

Si le mot « initiation » ne vous dit rien, pensez « initialisation », « mise en route ». Ensuite, c’est lancé !

Le jour de la Première Communion, il n’est pas du tout nécessaire de ressentir une très grande émotion. L’essentiel n’est pas dans ce qu’on ressent, il est dans le Don de Dieu et dans notre acte de foi. Il suffit de vivre les choses avec sérieux et simplicité, posément, avec recueillement.

Ensuite, de dimanche en dimanche, on revient à la messe. On communie de nouveau, avec la même simplicité. Le même sérieux. Le même bonheur.

Père Jean-Loup Lacroix

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