La Paix du Christ

Nous étions cinq prêtres autour de la table. L’un de nous arrivait de Marseille. Son logement est dans un de ces quartiers où les trafiquants sont maîtres du terrain. Je lui dis : Pour tes confrères, ce n’est pas mieux ! L’un venait du Caire. L’autre de Bangui. Le troisième de Brazzaville.

La paix du Christ. Nous la recevons. Nous la portons en nous. Nous essayons de nous la donner les uns aux autres. Il y a des jours où nous la ressentons intensément. Comme une grâce qui nous est faite : inattendue et paradoxale.

Les évangiles sont assez discrets sur la violence du monde où le Christ a vécu. Savez-vous que Nazareth, que nous imaginons comme une paisible bourgade, n’était qu’à une heure de marche d’une ville du nom de Sepphoris ? En l’an 4 avant notre ère, une révolte eut lieu. Les Romains envoyèrent trois légions. Les femmes et les enfants de la ville furent vendus comme esclaves. Les hommes, au nombre de 2 000, furent crucifiés.

Je ne veux rien relativiser. Dire « on a connu pire » n’a jamais consolé personne. Ce que j’ai en tête, c’est cette invitation de l’épître aux Hébreux : « Débarrassés de tout ce qui nous alourdit – en particulier du péché qui nous entrave si bien –, courons avec endurance l’épreuve qui nous est proposée, les yeux fixés sur Jésus, qui est à l’origine et au terme de la foi. » (Hé 12,1-2).

Si nous faisons ainsi, le découragement n’est plus une option.

Père Jean-Loup Lacroix

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