Contraste

Quel contraste !

D’un côté, les belles journées ensoleillées ? Les gens que l’on a plaisir à retrouver. Les projets que l’on forme pour cette année qui commence. Ce magnifique Congrès Mission qui se déroule de nouveau dans notre quartier et notre église.

De l’autre, l’actualité que l’on sait. Un prêtre qui se donne la mort. Les enquêtes à n’en plus finir pour établir le décompte des prêtres qui furent criminels, ou qui le sont encore, de leurs victimes, des mesures à prendre, de celles qui furent vaines, etc., etc.

D’un côté, mille raisons d’être heureux. De l’autre, une tristesse infinie.

L’ombre et la lumière. De quel côté se tourner ? Il fut un temps où l’optimisme était de rigueur. En toute occasion, il fallait voir le positif. Aujourd’hui, ce serait plutôt l’inverse. On explique que refuser de savoir est souvent honteux, souvent odieux, souvent désastreux. Mais faut-il choisir ?

L’exemple du Christ peut nous éclairer. Il fut d’une infinie compassion. Il a littéralement pris sur lui tout le malheur du monde. Et pourtant, il se laissait inviter pour un repas de fête. Ses ennemis lui reprochaient de manger de bon appétit et de boire du vin. Il savait s’attarder chez des amis. Il promettait le bonheur et il en montrait le chemin.

Le nouvel évêque de Nanterre a choisi cette devise épiscopale : Sursum Corda. Traduction française : « Haut les cœurs ! » Il s’agit d’une référence à l’eucharistie, mais il me semble qu’elle convient très particulièrement dans le contexte d’aujourd’hui. L’heure n’est pas à des petits calculs rassurants pour suggérer que bien et mal se compensent et s’annulent.

Comme Jésus, nous n’avons pas à choisir entre compassion et joie partagée, mais bien à les tenir ensemble. Suivre l’exemple du Christ, ce n’est pas s’interdire les cris, ni les larmes, ni parfois la colère. Ce n’est pas davantage s’enfermer dans le tragique.

Delacroix a peint la lutte de Jacob avec l’Ange comme un combat qui n’en finit pas, mais il y a ces trois grands arbres, et la paix qu’ils nous offrent. Plus haut encore, au-delà des mains qui s’empoignent, il y a cette trouée vers la lumière et cette avant-garde qui s’y engage.

Oui, haut les cœurs !

Père Jean-Loup Lacroix

mais il y a ces trois grands arbres…
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