Un nouvel élan ?

Ce qui m’a frappé, c’était la gravité des visages. Le silence. L’intensité des regards.

Le Congrès se déroulait depuis l’avant-veille. On en était à la messe de clôture. Il m’incombe de dire un mot de bienvenue. Je m’avance et … j’ai le souffle coupé.

Tous sont là parce qu’ils ne se résignent pas à être des chrétiens muets. À la messe du samedi, Mgr Aupetit avait eu des mots très forts : « Debout ! Prenons au sérieux la confiance que Dieu nous fait. Il est fini, le temps de l’assoupissement ! Le Seigneur agit maintenant comme aux premiers temps de l’Église, avec la même force. »

Tout le monde est conscient du défi. Dans le grand amphithéâtre de l’Institut Catholique, une table ronde avait pour thème : « Comment annoncer quand l’Église est entachée par le péché ? »

L’arrogance n’est plus de mise. Mais je ne ressens aucune dureté dans cette assemblée. Une douceur plutôt, une humble joie.

Ce dimanche, huit jours auront passé. Ce sera notre messe de rentrée. Scouts, Guides, Routiers, Jeannettes et Louveteaux seront avec nous. On présentera les nouveaux responsables de la catéchèse et du catéchuménat. Il y aura les prêtres étudiants, dont quatre nouvellement arrivés. On lancera un appel pressant pour relancer la collecte du Denier de l’Église (voir ci-dessous). Enfin et surtout, on présentera le thème d’année : « Sainteté pour aujourd’hui : un chemin ouvert à tous en notre temps. »

Nous voici appelés à un nouvel élan. Saurons-nous rejoindre ceux qui se lèvent déjà, plus nombreux qu’on ne le croit, pour témoigner du Christ par leur vie ? Saurons-nous persévérer, humblement, avec réalisme, sans dureté ni pharisaïsme ?

Si vous hésitez à répondre oui, lisez-donc l’homélie de notre archevêque. Elle a été écoutée dans le plus grand silence. Elle a touché les cœurs. Elle peut nous toucher à notre tour.

Père Jean-Loup Lacroix


Homélie de Mgr Michel Aupetit
(29 septembre 2018)

Chers frères et sœurs,

Nous fêtons les anges [ce 29 septembre]. Et même les anges suréminents qu’on appelle les archanges. Michel signifie : « qui est comme Dieu ? » Cette interrogation qui nous est adressée par le nom qu’il porte nous permet de rester à notre juste place devant le Seigneur. Gabriel veut dire : « force de Dieu ». Raphaël signifie : « Dieu guérit ». Le Seigneur nous délivre. Son médicament s’appelle la miséricorde.

Dieu envoie des messagers jusqu’à envoyer celui qui est sa Parole, son Image, sa parfaite ressemblance dans l’Amour : son Fils.

Dieu se communique, se donne à connaître par des messagers. Comme l’ADN qui porte la vie mais qui ne la transmet effectivement que par l’ARN messager. Pardonnez-moi cette pauvre analogie, mais elle permet de comprendre comment toute la Création porte cet élan de Vie et d’Amour qui vient de Dieu et se transmet de siècle en siècle.

Il est fini le temps de l’assoupissement ! Malheur à nous si nous n’annonçons pas l’évangile ! Si nous sommes éclaboussés par les scandales, par les péchés de certains d’entre nous, c’est pour que nous prenions enfin la mesure de notre responsabilité de Fils de Dieu, de baptisés.

Où le péché abonde, la grâce surabonde. Quand Dieu révèle le péché de son peuple dans la Bible, ce n’est pas pour humilier, c’est pour que son peuple se convertisse de manière radicale.

Debout ! Prenons au sérieux la confiance que Dieu nous fait en nous livrant le Corps de son Fils à chacune de nos Eucharisties.

Il ne suffit pas de porter la parole. Il faut aussi que cela transforme visiblement nos vies. Ainsi la mission sera ce qu’elle doit être. Nos frères ne viendront pas par prosélytisme mais par attraction.

Nous devons sans cesse réapprendre à vivre ce que nous annonçons : la pauvreté de cœur qui conduit à la sobriété de vie, à la chasteté, à l’abandon d’une certaine forme d’arrogance, à la confiance absolue dans les dons de Dieu.

Le Seigneur agit maintenant comme au premier temps de l’Église, avec la même force, dans les délivrances, les guérisons, la toute-puissance de l’Amour de Dieu pour chacun de nos frères. Si nous avions la foi gros comme un grain de sénevé, nous mettrions le Feu au monde ! N’ayons pas peur ! C’est quand la barque est dans le cœur de la tempête que le Seigneur nous rejoint en marchant sur les eaux.

Je vous bénis tous et invoque sur vous la Puissance de l’Esprit Saint. Qu’il renouvelle nos cœurs et fasse de nous de vrais disciples. Amen.

+ Mgr Michel Aupetit, archevêque de Paris (Saint-Sulpice – Samedi 29 septembre 2018)

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