Relevez la tête

Jésus parlait à ses disciples des signes qui annonceront la fin du monde. Il ajoute : « Quand ces événements commenceront, redressez-vous et relevez la tête, car votre rédemption approche » (Luc 21, 28).

Les chrétiens ont toujours admis que l’histoire aura une fin. Si vous entrez à Notre-Dame de Paris par le portail central, vous passez sous une spectaculaire représentation du Jugement dernier. Celle-ci n’est pas seulement représentative de l’art et de la théologie du 13e siècle. Elle exprime ce qui est notre foi.

Depuis quelque temps, la « fin du monde » est redevenue un sujet dont on parle, sinon comme un enseignement religieux du moins comme une interrogation scientifique.

Vous me direz : Voilà encore des propos bien pessimistes ! Peut-être pas. Lisons attentivement l’évangile : « Redressez-vous et relevez la tête. » La consigne du Christ n’est pas de vivre dans l’angoisse. Elle est de faire confiance et d’espérer.

Pourquoi cela ? Pas seulement à cause du Ciel ; mais aussi à cause de la terre. Pas seulement à cause du bonheur de l’au-delà ; mais aussi à cause de notre responsabilité pour le temps présent.

Nous n’avons certainement pas à nous comporter comme s’il n’y avait rien à conserver et à transmettre du patrimoine matériel et immatériel accumulé par l’humanité. Le concile Vatican II a su expliquer cela : « L’attente de la nouvelle terre, loin d’affaiblir en nous le souci de cultiver cette terre, doit plutôt le réveiller ». Dans nos sociétés contemporaines beaucoup de choses sont lamentables, beaucoup de personnes ne s’y retrouvent pas et sont en souffrance, mais ne me dites pas qu’il faut tout mettre par terre. Il y a tant à garder !

L’équipe chargée de la crèche de l’église l’a déjà mise en place. En découvrant le travail fait, j’ai été émerveillé. Souvent, la Crèche est représentée comme une grotte obscure. Notre crèche de cette année se rattache à une autre tradition picturale. C’est une maison largement ouverte. Au-delà des arcades du fond, on aperçoit un admirable paysage de montagne. Il fait jour et la terre est belle.

Cela m’a remis en mémoire notre pèlerinage paroissial en Terre Sainte de 2008 et ce verset de psaume qui me trottait en tête : « Tu as aimé, Seigneur, cette terre » (Ps 84).

L’Avent est le temps de l’espérance. On se tourne vers le Seigneur qui vient. On le fait de trois façons. D’une part, on fait mémoire de sa première venue, qui est sa naissance à Bethléem. D’autre part, on se tourne vers le jour où il viendra de nouveau « revêtu de sa gloire », pour son ultime « avènement ».

Quelle est la troisième façon d’attendre le Christ ? C’est de l’attendre qui vient à notre rencontre de mille façons, dans le monde présent, tel qu’il est, tantôt obscur et tantôt lumineux.

Oui, relevons la tête.

Père Jean-Loup Lacroix

♦ Notez bien les trois principaux rendez-vous paroissiaux de ce temps de l’Avent : la conférence sur Madeleine Delbrêl (aujourd’hui, dimanche 2, 16h00) ; la messe de l’Immaculée Conception (samedi prochain 12h05) ; la FÊTE DU PARDON (vendredi 14).

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