Homélie pour l’entrée dans l’année de la foi

Jeudi prochain (le 11 octobre), à Rome et partout dans le monde entier, nous allons célébrer un anniversaire. Ce sera en effet très exactement le 50e anniversaire d’un événement majeur du 20e siècle : l’ouverture du concile Vatican II.

Un concile œcuménique, c’est un rassemblement d’évêques venus du monde entier. Pour Vatican II, ils étaient 2 400. Ils se sont réunis à quatre reprises, pour plusieurs mois de travail, de 1962 à 1965.

Le principal but du Concile était un renouveau de l’Église. On savait que cela nécessitait un retour aux sources. Une fois de plus, il fallait revenir à l’Évan­gile. On avait également conscience de la nécessité d’une « mise à jour ».

Le pape Benoît XVI a voulu que l’on célèbre l’anniversaire du Concile en vivant une « Année de la Foi ».

De quoi s’agit-il ?

C’est d’abord une année pour redécouvrir ce que nous croyons. On peut relire les Évangiles. On peut méditer le Credo. On peut étudier le Catéchisme de l’Église catholique. On peut lire le résumé qui en a été fait pour les jeunes : ce livre à couverture jaune paru l’année dernière, Youcat.

Il est triste de penser que, souvent, nous connaissons très mal les paroles de Jésus et la foi de l’Église. Cette année, nous allons essayer le mieux les connaître.

Nous ferons des découvertes surprenantes. Nous venons d’écouter l’évangile dans lequel il est rapporté que Jésus s’était « fâché » contre ses apôtres qui voulaient écarter de lui les enfants. À l’époque, les enfants ne comptaient pas pour grand-chose. Les Apôtres s’étonnaient que leur maître leur accorde de l’importance.

Quant à nous, c’est l’explication qui nous étonne : « Gardez-vous de mépriser un seul de ces petits : leurs anges dans le ciel voient sans cesse la face de mon Père qui est aux Cieux. » Nous lisons cela et nous sommes étonnés : « Les anges existent donc vraiment ! Et chacun de nous a son ange ! »

Ce que la foi nous apprend au sujet de la vie et de la mort, du monde, de l’humanité et de Dieu est très souvent surprenant.

Un exemple. Savez-vous que le Catéchisme de l’Église Catholique précise que chaque être humain reçoit directement de Dieu, au moment de sa conception, une âme immortelle ? On pourrait penser que Dieu crée l’univers sans sa globalité et que, ensuite, il laisse les choses se faire. Mais non ! Ce n’est pas cela.

Non seulement Dieu nous connaît tous, un par un, mais c’est lui qui a mis en chacun des êtres humains une étincelle de vie éternelle, quelque chose d’absolument unique, qui n’est pas le simple résultat des lois de la nature et qui reste vivant quand meurt notre corps.

Nous pouvons donc profiter de l’Année de la Foi pour faire une sorte d’inventaire de ce que nous croyons.

Mais le plus important n’est pas là. Une chose est plus importante encore : c’est que notre foi devienne plus profonde et forte.

La foi, en effet, est une force. Et cette force peut grandir. Si notre foi grandit, notre vie changera. Comment ? De bien des façons.

Quand on a une foi profonde, on ne vit plus jamais dans la peur. Jésus explique cela dans le Sermon sur la Montagne. On sait que des malheurs peuvent nous arriver, mais on sait aussi que l’on est dans les mains de Dieu. Le maître-mot de notre vie devient « confiance ».

Si notre foi est faible, nous pensons à la mort de Jésus et nous nous disons : « Vraiment, je n’y comprends rien. » Si notre foi devient plus profonde, nous commençons à comprendre comment la croix de Jésus peut être pour nous une lumière. Si notre foi est plus profonde encore, comme la foi des saints, nous devenons capables de dire à Jésus : « Ta Croix, Seigneur, est glorieuse. Il n’y a rien de plus beau. »

Quand on a une grande foi, on vit autrement ses relations avec les gens. Si quelqu’un n’est pas sympathique, on se dit : « Pourtant, lui aussi est un enfant de Dieu. C’est un frère pour qui le Christ est mort ! » (Saint Paul voyait les choses ainsi.)

Quand on a une grande foi, on comprend différemment le mariage et la sexualité, la richesse, la pauvreté, la justice, le pardon et beaucoup d’autres choses encore, comme l’amitié entre les peuples, la guerre et la paix, la culture ou la technique. (Le Concile a abordé la plupart de ces sujets.) On ne se sent pas obligé de penser comme tout le monde. Ni de vivre comme tout le monde. De fait, par la force de la foi, notre vie devient différente.

Vous me direz : « Comment faire pour avoir une foi plus grande ? » Benoît XVI nous donne l’essentiel de la réponse : « La foi grandit quand elle est communiquée comme une expérience de grâce et de joie. »

(Homélie du Père Lacroix pour la messe de rentrée du dimanche 7 octobre)