Gilbert Cesbron

gilbert-cesbron-1913-1979-300p-n&b« Tous Frères » : ce titre de notre feuille paroissiale a été suggéré par Gilbert CESBRON. Celui-ci était alors un écrivain aux innombrables lecteurs. On le connaissait comme un catholique très convaincu. Dans ses romans et ses pièces de théâtre, il n’hésitait pas à aborder sans détour des sujets religieux. J’ai sous les yeux son livre de 1960 : « Il suffit d’aimer ». C’est en fait le scénario d’un film sur les apparitions de Lourdes et la vie de sainte Bernadette.

Il savait choisir ses titres : « Notre Prison est un Royaume », « Chiens perdus sans Collier », « Il est minuit, Docteur Schweitzer », « Vous verrez le Ciel ouvert », ou encore « Ce Siècle appelle au Secours ».

Au bas de cette page, vous trouverez la préface de l’un de ses ouvrages les plus connus « Les Saints vont en Enfer » (1952). L’éditeur le présentait ainsi : « Document authentique et récit bouleversant, voici le premier roman que l’on ait écrit sur les prêtres-ouvriers. L’amour des hommes, la charité, l’humour et la tendresse percent à chaque page ». J’ai trouvé que cette préface était tout à fait typique de l’homme et de l’écrivain qu’il était.

Cesbron avait une étonnante capacité de se mettre à la place d’autrui et de deviner ses sentiments. De là, sans doute, l’émotion que l’on ressent à le lire. Il était un très bel exemple de cette fraternité universelle que nous sommes appelés à vivre comme disciples de Jésus : « Les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses des hommes de ce temps, des pauvres surtout et de tous ceux qui souffrent, sont aussi les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses des disciples du Christ, et il n’est rien de véritablement humain qui ne trouve écho dans leur cœur » (Concile Vatican II, Gaudium et spes, § 1).

Pourquoi vous parler de Cesbron ? Il était paroissien de Saint-Sulpice. Je me souviens de lui en train de faire la lecture à la grand-messe dans les années 1975-78. Cette année 2013, nous fêtons le centenaire de sa naissance. Dimanche prochain 3 février, la messe de 10h30 sera célébrée à son intention.

« Tous frères » ? Oui, c’est bien le programme.

Père Jean-Loup Lacroix

Voici un livre qui risque de déplaire un peu partout. Mais la prudence est-elle encore une vertu ?
Dans un monde où des hommes de même langage, ne peuvent plus se comprendre sans inter­prète ; dans un temps où l’on assassine les médiateurs, et où l’honneur commande d’être écartelé : dans ce siècle où règne la croix sans le Christ, je veux n’être d’aucun parti. J’ai trop vu de partisans pour rester capable d’un autre choix. Ainsi je ne quitterai pas la main des hommes au milieu desquels j’ai grandi, parce que je tends la main à mes amis de Sagny.
Ceux-ci ne reconnaîtront peut-être pas leur visage dans ce livre ; et les autres ne reconnaîtront pas le mien. Chacun me traitera d’a­gent-double. Mais l’honneur d’aujourd’hui commande encore de per­dre sur les deux tableaux.
On chercherait en vain Sagny sur une carte ; mais, ce que j’en raconte, on le trouvera dans presque toute la banlieue de Paris (France) à la condition d’y porter un œil pur et un cœur exempt de parti pris.
Je serais bien honteux de blesser quiconque avec ce livre et je n’espère y convaincre personne : cha­cun ne convainc que soi-même. Mais, si j’ébranle quelques esprits libres, c’est assez.

Gilbert Cesbron, Les Saints vont en Enfer (1952)

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