La joie

christ-ressuscite-rembrandt-600J’aurais voulu vous citer Chesterton : “Petite publicité du païen, la joie est le grand secret du chrétien”.
J’aurais voulu vous dire pourquoi. J’aurais voulu vous expliquer que, ce qui rend heureux, c’est la bonté. Vous prévenir qu’il y a un prix à payer, qui s’appelle la croix.
J’aurais voulu vous dire pourquoi j’ai choisi cette peinture de Rembrandt.
Et puis j’ai découvert que le nouveau pape avait su parler de la joie mieux que je ne saurais faire.
C’est une homélie pour le dimanche des Rameaux. Il médite sur l’entrée du Christ à Jérusalem. Ce qui est à l’horizon, c’est la Croix du Calvaire. Voici pourtant que le Pape se met à nous parler de la joie.
Je lui laisse la parole.

Jésus entre à Jérusalem. C’est un climat de joie que l’on respire. Jésus a réveillé dans le cœur tant d’espérances surtout chez les gens humbles, simples, pauvres, oubliés, ceux qui ne comptent pas aux yeux du monde. Lui a su comprendre les misères humaines, il a montré le visage de miséricorde de Dieu, il s’est baissé pour guérir le corps et l’âme. Tel est Jésus, avec un cœur qui regarde chacun de nous, nos maladies et nos péchés. Grand est son amour.
La joie, tel est le mot que je veux vous dire. Ne soyez jamais des hommes et des femmes tristes, un chrétien ne peut jamais l’être. Ne vous laissez jamais prendre par le découragement. Notre joie n’est pas une joie qui naît de la possession de nombreux biens, mais du fait d’avoir rencontré une personne, Jésus, qui est parmi nous. Nous savons qu’avec lui nous ne sommes jamais seuls, même dans les moments difficiles, même quand le chemin de la vie se heurte à des problèmes et à des obstacles qui semblent insurmontables. Et il y en a tant !
S’il vous plaît, ne vous laissez pas voler l’espérance que Jésus nous apporte !
Jésus n’entre pas dans la ville sainte pour recevoir les honneurs réservés aux rois terrestres, à qui a le pouvoir, à qui domine. Il y entre pour être flagellé, insulté et outragé, comme l’annonce Isaïe. Il entre à Jérusalem pour recevoir une couronne d’épines, un bâton, un manteau de pourpre, une royauté qui sera objet de dérision. Il entre pour monter au Calvaire chargé d’une poutre de bois. Le deuxième mot clef est croix. Jésus entre à Jérusalem pour mourir sur la Croix.Jésus prend sur lui le mal, la saleté, le péché du monde et celui de chaque homme. Et il le lave, il le lave avec son sang, avec la miséricorde et l’amour de Dieu. Regardons autour de nous. Combien de blessures le mal inflige-t-il à l’humanité ! Guerres, violences, conflits économiques qui frappent les plus faibles, soif d’argent, que personne ne pourra emporter avec soi. Ma grand-mère nous disait enfants que le drap funèbre n’a pas de poches. Et puis, la soif de pouvoir, la corruption et les divisions, les crimes contre la vie humaine et contre la création. Et puis, il y a nos péchés personnels, les manques d’amour et de respect envers Dieu, envers le prochain et envers la création tout entière. Sur la Croix, Jésus sent tout le poids du mal et avec la force de l’amour de Dieu le vainc, le défait dans sa résurrection. (Homélie des Rameaux du pape François, 23 mars 2013)

 

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