Montre-nous le Père

Vendredi 3 mai 2013
FETE DE SAINT PHILIPPE ET SAINT JACQUES
EGLISE SAINT-SULPICE

Évangile selon saint Jean 14, 6-14 « Qui m’a vu a vu le Père »

06 Jésus lui répond : « Moi, je suis le Chemin, la Vérité et la Vie ; personne ne va vers le Père sans passer par moi.
07 Puisque vous me connaissez, vous connaîtrez aussi mon Père. Dès maintenant vous le connaissez, et vous l’avez vu. »
08 Philippe lui dit : « Seigneur, montre-nous le Père ; cela nous suffit. »
09 Jésus lui répond : « Il y a si longtemps que je suis avec vous, et tu ne me connais pas, Philippe ! Celui qui m’a vu a vu le Père.
10 Comment peux-tu dire : ‘Montre-nous le Père’ ? Tu ne crois donc pas que je suis dans le Père et que le Père est en moi ! Les paroles que je vous dis, je ne les dis pas de moi-même ; mais c’est le Père qui demeure en moi, et qui accomplit ses propres œuvres.
11 Croyez ce que je vous dis : je suis dans le Père, et le Père est en moi ; si vous ne croyez pas ma parole, croyez au moins à cause des œuvres.
12 Amen, amen, je vous le dis : celui qui croit en moi accomplira les mêmes œuvres que moi. Il en accomplira même de plus grandes, puisque je pars vers le Père.
13 Tout ce que vous demanderez en invoquant mon nom, je le ferai, afin que le Père soit glorifié dans le Fils.
14 Si vous me demandez quelque chose en invoquant mon nom, moi, je le ferai.

Christ-Pantocrator-SinaiPhilippe pensait bien connaître Jésus. Il avait fait sa connaissance trois ans plus tôt. Avec deux hommes du même village que lui, Pierre et André, il avait descendu la vallée du Jourdain pour aller rencontrer Jean-Baptiste.
Jésus était là et André avait fait sa connaissance, puis Pierre, puis lui, Philippe, le lendemain, puis un autre encore, Nathanaël.
Jésus était de Nazareth, à quelques heures de marche de chez eux. C’était le fils d’un simple artisan, mais Philippe avait aussitôt compris qu’il était quelqu’un de tout à fait extraordinaire. Jean-Baptiste l’avait désigné en disant : « Voici l’Agneau de Dieu ».
Lui-même, Philippe, avait dit à Nathanaël : «  Celui dont parlent Moïse et les Prophètes, nous l’avons trouvé. »

Philippe était devenu le disciple de Jésus. Les mois avaient passé, puis les années. Trois ans, au total, d’après l’évangile selon Saint Jean.
Jésus était leur compagnon de tous les jours. Ils s’étaient habitués à vivre avec cet homme qui possédait des pouvoirs extraordinaires. Ils croyaient en Lui. Il était l’envoyé de Dieu. Ils ne pouvaient pas en douter.

Par moment, il leur faisait peur, comme le jour où il avait calmé la tempête. Pierre avait dit : « Éloigne-toi de moi, Seigneur, car je suis un homme pécheur. » Ils s’étaient pourtant habitués à Lui. Il faisait partie de leur vie.
Ils ne le comprenaient pas toujours très bien, mais il se comportait toujours avec eux comme un ami. Avec Lui, ils se sentaient en sécurité.
S’ils n’avaient pas compris les enseignements qu’il avait donnés à la foule, ils pouvaient l’interroger à part. Il leur donnait de nouvelles explications.

Des mensonges circulaient à son sujet. On disait qu’il chassait les démons du fait d’une alliance avec le Prince des Démons, Béelzéboul.
Ils le connaissaient assez pour savoir que cette accusation était ridicule. Il était la vérité même. Ils ne l’avaient jamais vu faire preuve de duplicité.
Il leur annonçait un temps d’épreuve. Ils ne comprenaient pas très bien où il les conduisait. Mais une chose était sure : ils pouvaient lui faire confiance.
Avec Lui, ils étaient sur un chemin sûr.

Parfois, la nuit, il les quittait. Quand il revenait, ils comprenaient qu’il était allé prier. Parfois, il s’éloignait simplement de quelques pas.
Parfois encore, il priait avec eux. Ils priaient ensemble les psaumes, ou bien ils récitaient d’autres prières traditionnelles comme ils l’avaient fait, ce soir-là, pour le repas de la fête de Pâques.
Ils avaient un très grand respect pour Lui et en même temps, ils étaient ses familiers.

Je pense que, pour beaucoup d’entre nous, c’est la même chose. Le Christ fait partie de notre vie. Nous avons la conviction qu’Il est proche de nous et qu’Il entend les prières que nous lui faisons. Nous savons qu’il est possible de lui parler au fond de notre cœur, sans même remuer les lèvres. Nous ne nous privons pas de le faire. Nous lui parlons de ce qui nous inquiète et de ce qui nous rassure, de nos soucis et de nos bonheurs, petits ou grands.
Quand nous venons dans une église où se trouve un tabernacle, c’est comme la visite que l’on peut faire à un ami.

Ce soir-là, Jésus parle à ses amis plus longuement que d’habitude. Son ton est grave. Il parle de Lui. Il leur dit : «  Je suis le chemin, la vérité et la vie. » Il ajoute : « Personne ne va vers le Père sans passer par moi. »
Il ajoute encore : «  Dès maintenant, vous connaissez le Père et vous l’avez vu. »
Le Père !
Ils sont habitués à l’entendre parler de Dieu de cette façon. Il dit « mon Père », ou encore  « votre Père », ou encoure « Le Père » et ils comprennent qu’il parle de Dieu.

Une fois de plus, il vient de dire quelque chose qui les surprend : « Vous connaissez le Père et vous l’avez vu. »
Oui, ils connaissent Dieu.
Ils sont des juifs croyants. Ils prient Dieu. Ils ne passent pas une journée sans se tourner vers Lui. Mais est-ce qu’ils ont déjà vu Dieu ?
Philippe réagit. Ce n’est pas une question. C’est une demande.
Il dit à Jésus : « Seigneur, montre-nous le Père et cela nous suffit. »

Que pensez-vous de cette demande ? Est-ce qu’elle vous paraît un peu bizarre et sans grand intérêt ou bien est-ce qu’elle touche votre cœur ?

Philippe dit à Jésus : «  Fais-nous voir Dieu et on ne te demande rien d’autre. »
Est-ce que nous serions capables de faire la même prière ?
Est-ce que nous désirons mieux connaître Dieu ?
Jésus nous dit : «  Je suis le chemin ».
Il est le chemin vers le Père. Est-ce que cela nous intéresse ?
Il y a des jours où je me pose cette question : est-ce que je cherche Dieu ? Est-ce que je sais lui dire : « Montre-moi ton visage » ?

Beaucoup de gens sont athées, ou plutôt, ce qui est pire, ils sont indifférents. Vous faites allusion à la religion. Ils vous disent : ça ne m’intéresse pas.  Il peut nous arriver d’être ainsi. On peut passer une journée entière sans tourner son cœur vers le Seigneur. Si on a l’habitude de dire des prières, on va peut-être les réciter, mais sans faire attention, sans amour.

Philippe a donc fait sa demande : « Montre-nous le Père. »
Si nous n’arrivons pas à aimer Dieu parce qu’il est invisible, parce qu’il nous semble trop lointain, parce qu’il est trop mystérieux, trop insaisissable, ou peut-être parce qu’il nous fait un peu peur, nous avons ici la réponse. Dieu n’a jamais eu et n’aura jamais d’autre visage que celui de Jésus.
Quel bonheur !
Père J.L. LACROIX

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