Fête-Dieu

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Nom officiel dans le calendrier liturgique : « Solennité du Saint-Sacrement du corps et du Sang du Christ ». Nom traditionnel : Fête-Dieu. Pourquoi cet ancien nom un peu étrange ? Sans doute parce que les anciens avaient très bien saisi le point essentiel : ce jour-là, on fête le Christ, qui est Dieu.

Au catéchisme, quand j’étais enfant, on nous expliquait soigneusement la différence qu’il y a entre la vénération que l’on doit aux saints et l’adoration qui s’adresse à Dieu seul. Plus tard, en étudiant la Bible, j’ai mieux compris le sens du premier des Dix commandements : « Tu adoreras Dieu seul ». Il n’existe qu’un seul Dieu. Les autres divinités que l’on adorerait ne sont que des illusions, des « idoles » dont il faut se détourner. Tout ce à quoi on donne faussement une valeur d’absolu devient une nouvelle idole.

L’expérience prouve que le remède à l’idolâtrie, ce n’est pas l’athéisme, c’est la reconnaissance et l’adoration du Dieu unique et véritable (cf. Jn 17,3).

Tous les ans, la Fête-Dieu vient nous redire le trésor inimaginable que constitue l’eucharistie. Sous le signe du pain et du vin, Dieu lui-même est présent. La théologie explique que le corps et le sang du Christ ne sont séparables ni de son âme humaine, ni de son être divin. Le Christ dit : « Ceci est mon Corps » – et c’est ainsi. Il s’est rendu présent, inséparablement homme et Dieu. Il est là, devant nous, lui qui s’offre éternellement au Père et qui nous donne l’Esprit-Saint. Quand nous l’adorons, présent, c’est la Trinité que nous adorons : le Fils, mais aussi le Père et l’Esprit, un seul Dieu.

À chaque messe, après la consécration du pain puis du vin, le prête les présente aux membres de l’assemblée liturgique. Ce geste de l’élévation a pour but de permettre à chacun de faire intérieurement un acte de foi. Le Christ n’est pas visiblement présent. Il n’existe aucune évidence sensible qui nous assure que le pain est bien devenu son corps. Si nous reconnaissons qu’il en est bien ainsi, c’est par un acte de foi dont le fondement est notre conviction la véracité des paroles du Christ : « Ceci est mon Corps. » Avec l’apôtre Thomas, nous ne doutons plus. Nous disons intérieurement : « Mon Seigneur et mon Dieu ! »

Père Jean-Loup Lacroix

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