Homélie pour la fête du Sacré-Coeur

fresque-sacre-coeur-paray-le-monialVendredi 7 juin 2013
Fête du Sacré-Cœur

Nous fêtons donc aujourd’hui le Sacré-Cœur de Jésus.
Cette fête a son origine dans les visions de sainte Marguerite-Marie, à Paray-le-Monial, en France, au XVIIe siècle. Jésus est apparu à cette simple religieuse et lui a montré son Cœur. Celui-ci était comme une fournaise d’amour. C’était un cœur blessé, mais aussi un cœur brûlant d’amour.
Sainte Marguerite-Marie a entendu Jésus qui lui disait : “Voici mon cœur qui a tant aimé les hommes.” Elle a compris que Jésus était offensé par notre ingratitude et notre manque d’amour. Jésus nous aime et nous ne l’aimons pas.
Il faut donc essayer de réparer les offenses qui sont faites à l’amour du Christ. Comment ? Tout simplement en lui montrant notre amour.

La fête d’aujourd’hui et la dévotion des premiers vendredis du mois ont cette signification. Nous voulons honorer le Christ, nous voulons célébrer l’amour de son cœur, parce que nous voulons réparer notre manque d’amour. Nous voulons même le faire à la place de ceux qui ne le connaissent pas ou bien qui ne pensent plus à lui. Tout comme nous-mêmes, nous l’avons fait, trop souvent.

À l’origine de la fête qu’on célèbre le vendredi de la semaine après la fête du Saint-Sacrement, au mois de juin, il y a donc eu ces visions de sainte Marguerite-Marie.
Avant elles, il y en avait eu d’autres, notamment celles d’une moniale allemande du Moyen Age, sainte Gertrude.

greco-christ-on-the-cross-with-two-maries-and-st-johnIl y avait surtout eu cet événement qui avait immédiatement suivi la mort de Jésus. Le centurion romain était venu pour mettre fin au supplice des trois crucifiés. En voyant que Jésus était déjà mort, il s’était contenté de lui donner un coup de lance. Saint Jean était là, au pied de la croix, avec Marie. Il a vu le coup de lance et la plaie qu’il avait causée. Le cœur de Jésus avait été touché. Du sang et de l’eau avaient coulé.

Saint Jean avait vu cela. Cette vision s’était imprimée dans sa mémoire. Dans son évangile, cet événement est rapporté comme quelque chose d’extrêmement important.
Il n’explique pas, mais nous comprenons que cette eau et ce sang qui avaient coulé du cœur transpercé du Christ mort en croix sont le signe de sa vie offerte. La mort de Jésus sur la croix a été comme un sacrifice, quand le sang des animaux coule, en signe de vie répandue.

La mort du Christ pouvait sembler un échec. Autour de lui, ses ennemis se moquaient de lui. Nous pourrions, en effet, penser que jamais aucune mort ne mène à rien. Nous pourrions estimer que les sacrifices célébrés dans la religion juive étaient quelque chose d’absurde. Nous pourrions penser aussi que ceux qui veulent suivre Jésus sur le chemin de la croix se trompent.

Mais saint Jean a vu le coup de lance. Le tombeau vide, ce sera pour plus tard. Les apparitions du ressuscité n’on pas encore eu lieu, ni la Pentecôte. Et pourtant, déjà, dans les minutes qui suivent la mort du Christ, il y a cette eau et ce sang qui coulent. Et le Saint-Esprit inspire à saint Jean de regarder intensément ce spectacle. Plus tard, il dira : “J’ai vu”, et nous comprendrons qu’il y avait là le signe de torrents de grâce. La prophétie d’Ezéquiel sur l’eau qui coule du côté du Temple s’était accomplie.

Est-ce que vous savez quelles sont les plus anciennes représentations du Christ ? Les images de lui les plus anciennes ?
Il y en a trois :
alexamneos-rend-un-culte-a-son dieu. La première est affreuse. C’est une moquerie. Il s’agit d’un graffiti antichrétien. Il date du IIe siècle. On l’a retrouvé sur un mur, à Rome, sur la colline du Palatin. Il y a un texte, en grec, qui se traduit ainsi : “Alexamenos rend un culte à son dieu.” Il y a aussi deux images. On voit un homme qui a la main levée. On comprend que c’est Alexamenos qui fait une prière. On voit aussi, en face d’Alexamenos, un crucifié. Ce crucifié qu’Alexamenos invoque comme son dieu a quelque chose de particulier. Il n’a pas la tête d’un homme, mais celle d’un âne. L’homme qui a fait ce graffiti sur le plâtre trouvait ridicule qu’on puisse adorer un crucifié.
. Environ un siècle plus tard, on trouve d’autres images de Jésus, dessinées cette fois par des chrétiens. Il y a des images d’un petit enfant sur les genoux de sa mère. On devine une étoile et des hommes qui s’inclinent en présentant des cadeaux. Ce sont les mages qui viennent offrir leurs présents à Jésus enfant.
. D’autres images sont recopiées sur des images profanes de l’époque. Elles représentent un jeune homme avec une tunique assez courte, celle que portaient les serviteurs. Il porte une brebis sur ses épaules. Autour de lui, parfois, on aperçoit d’autres brebis.bon-pasteur-catacombe-sainte-priscille

Les trois plus anciennes images du Christ sont donc l’image d’un crucifié que ses ennemis tournent en ridicule, l’image d’un petit enfant et enfin, l’image d’un pasteur, l’image du Bon Berger. Plus tard, seulement, les chrétiens d’Orient commenceront à peindre ces magnifiques icônes avec le visage du Christ entouré d’une auréole dorée et son regard qui semble se poser sur nous.

Pourquoi évoquer ces images ? Il est certain que les paroles de Jésus ont plus d’importance que les images de Jésus. Les premiers chrétiens ont soigneusement conservé ses paroles ; ils n’ont pas fait la même chose pour les traits de son visage.

À quoi donc servent les images du Christ ? A quoi servent les statues ou les vitraux ou les icônes qui le représentent ? A quoi sert cette image que saint Faustine a fait peindre selon les apparitions qu’elle avait eues ?

Je ne vois qu’une réponse. Elles sont là pour nous aider à aimer le Christ. Elles nous font comprendre son amour. Elles nous font deviner quelque chose de sa bonté et de sa beauté. Elles nous attirent vers lui.

En cette fête du Sacré-Cœur, nous comprenons que Jésus attend notre amour. Il veut que nous nous aimions les uns les autres. Il attend aussi que nous l’aimions, lui.

Père Jean-Loup LACROIX.

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