Saint Joseph

Icone-St-JosephSaint Joseph sera désormais invoqué à toutes les messes

Pendant le concile Vatican II, le pape Jean XXIII avait décidé que saint Joseph serait mentionné dans le « canon romain », la seule prière eucharistique utilisé à l’époque dans l’église latine. Par la suite, on avait omis d’en faire autant pour les prières eucharistiques II, III et IV. Le Pape François vient de corriger cela. C’est pour nous l’occasion de prêter de nouveau plus d’attention à cet homme dont la place dans l’histoire de l’humanité est absolument unique. Voici deux textes, assez denses, l’un de Jean-Paul ll et l’autre de Benoît XVI.

Jean-Paul II : Saint Joseph, un modèle de foi

Lorsque Marie, peu après l’Annonciation, se rendit dans la maison de Zacharie pour rendre visite à sa parente Élisabeth, elle entendit, au moment où elle la saluait, les paroles prononcées par Élisabeth : « Bienheureuse celle qui a cru en l’accomplissement de ce qui lui a été dit de la part du Seigneur » (Lc 1, 45).

Or, la foi de Marie rencontre la foi de Joseph. Si Élisabeth a dit de la Mère du Rédempteur : « Bienheureuse celle qui a cru », on peut attribuer aussi cette béatitude à Joseph, car il a répondu affirmativement à la Parole de Dieu quand elle lui a été transmise en ce moment décisif. Joseph, il est vrai, n’a pas répondu à l’« annonce » de l’Ange comme Marie, mais il « fit ce que l’Ange du Seigneur lui avait prescrit : il prit chez lui son épouse ». Ce qu’il fit est pure « obéissance de la foi » (cf. Rm 1, 5; 16, 26; 2 Co 10, 5-6).

Ce que fit Joseph l’unit d’une manière toute spéciale à la foi de Marie : il accepta comme une vérité venant de Dieu ce qu’elle avait déjà accepté lors de l’Annonciation. Le Concile dit : « À Dieu qui révèle est due “l’obéissance de la foi” par laquelle l’homme s’en remet tout entier et librement à Dieu dans “un complet hommage d’intelligence et de volonté à Dieu qui révèle” et dans un assentiment volontaire à la révélation qu’il fait ». Cette phrase, qui touche à l’essence même de la foi, s’applique parfaitement à Joseph de Nazareth.

Il devint donc d’une façon singulière le dépositaire du mystère « tenu caché depuis les siècles en Dieu » (cf. Ep 3, 9), de même que Marie le devint, en ce moment décisif appelé par l’Apôtre « la plénitude du temps » (cf. Ga 4, 4-5).

Joseph est, avec Marie, le premier dépositaire de ce mystère divin. En même temps que Marie – et aussi en rapport avec Marie – il participe à la phase culminante de cette révélation que Dieu fait de lui-même dans le Christ, et il y participe dès le premier commencement.

Joseph est le premier à participer à la foi de la Mère de Dieu, ainsi il soutient son épouse dans la foi à l’Annonciation divine. Il est aussi celui qui est placé le premier par Dieu sur le chemin du « pèlerinage de foi » sur lequel Marie – surtout à partir du Calvaire et de la Pentecôte – sera la première d’une manière parfaite.

Le chemin personnel de Joseph, son pèlerinage de foi se conclura le premier, c’est-à-dire avant que Marie ne se tienne au pied de la Croix sur le Golgotha et avant que, le Christ étant retourné vers son Père, elle ne se retrouve au Cénacle de la Pentecôte le jour où fut manifestée au monde l’Église, née de la puissance de l’Esprit de vérité. Cependant, le chemin de foi de Joseph suit la même direction, il reste totalement déterminé par le même mystère dont il était, avec Marie, devenu le premier dépositaire.

(JEAN-PAUL II, Redemptoris custos, 15 août 1989)

Benoît XVI : la paternité « pleine et entière » de saint Joseph

À la foule et à ses disciples, Jésus déclare : « Vous n’avez qu’un seul Père » (Mt 23, 9). Il n’est en effet de paternité que celle de Dieu le Père, l’unique Créateur « du monde visible et invisible ». Il a cependant été donné à l’homme, créé à l’image de Dieu, de participer à l’unique paternité de Dieu (cf. Ep 3, 15). Saint Joseph illustre cela d’une façon saisissante, lui qui est père sans avoir exercé une paternité charnelle. Il n’est pas le père biologique de Jésus dont Dieu seul est le Père, et pourtant il va exercer une paternité pleine et entière.

Être père, c’est avant tout être serviteur de la vie et de la croissance. Saint Joseph a fait preuve, en ce sens, d’un grand dévouement. Pour le Christ, il a connu la persécution, l’exil et la pauvreté qui en découle. Il a dû s’installer ailleurs que dans son village. Sa seule récompense fut celle d’être avec le Christ. Cette disponibilité illustre les paroles de saint Paul : « Le maître, c’est le Christ, et vous êtes à son service » (Col 3, 24).

Il s’agit de ne pas être un serviteur médiocre, mais d’être, un serviteur « fidèle et avisé ». La rencontre des deux adjectifs n’est pas fortuite : elle suggère que l’intelligence sans la fidélité comme la fidélité sans la sagesse sont des qualités insuffisantes. L’une dépourvue de l’autre ne permet pas d’assumer pleinement la responsabilité que Dieu nous confie.

(BENOÎT XVI, Homélie à Abidjan, 18 mars 2009)

A noter

Une pièce de théâtre sur le thème de la mort de saint Joseph sera prochainement donnée à Saint-Sulpice : « La Crypte » de Henry LE BAL (18 octobre au 16 décembre). À en juger par les précédentes productions de l’auteur, elle sera d’un très grand intérêt.

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