C’est la miséricorde que je désire

09 Jésus, sortant de Capharnaüm, vit un homme, du nom de Matthieu, assis à son bureau de publicain (collecteur d’impôts). Il lui dit : « Suis-moi. » L’homme se leva et le suivit. 10 Comme Jésus était à table à la maison, voici que beaucoup de publicains et de pécheurs vinrent prendre place avec lui et ses disciples. 11 Voyant cela, les pharisiens disaient aux disciples : « Pourquoi votre maître mange-t-il avec les publicains et les pécheurs ? » 12 Jésus, qui avait entendu, déclara : « Ce ne sont pas les gens bien portants qui ont besoin du médecin, mais les malades. 13 Allez apprendre ce que veut dire cette parole : C’est la miséricorde que je désire, et non les sacrifices. Car je suis venu appeler non pas les justes, mais les pécheurs. » Mt 9,9-13

« Allez apprendre ce que veut dire cette parole : c’est la miséricorde que je désire et non les sacrifices. »

Jésus est critiqué. Il va chez des gens qui ne sont pas très recommandables ni tellement sympathiques. Il se laisse inviter. Il partage leurs repas. On interroge ses disciples : « Pourquoi votre maître fait-il cela ? »

Jésus répond lui-même : « Allez apprendre ce que veut dire cette parole. » Quelle parole ? Une parole du prophète Osée. Une parole de la Sainte Écriture.

Jésus, que l’on critique pour sa miséricorde, répond avec sévérité. « Allez apprendre. » Cela revient à dire : « Vous n’êtes que des ignorants. Vous ne comprenez rien à la Parole de Dieu. Allez-vous-en ! Revenez quand vous aurez compris ! »

Comment Jésus peut-il être si sévère ? Parce qu’il voit clair. Quand on refuse le pardon, on ne peut pas être pardonné. Ceux qui ne veulent pas de la miséricorde ne peuvent pas recevoir le pardon. Puisqu’ils n’en veulent pas !

« C’est la miséricorde que je désire et non les sacrifices. » C’est une parole de Dieu. Elle nous vient de l’un des tout premiers prophètes d’Israël. On est environ 750 ans avant l’époque où le Christ parle. C’est l’époque où l’on commence à mettre par écrit les paroles des envoyés de Dieu.

Le prophète qui a reçu cette parole s’appelle Osée. Vous connaissez sans doute son histoire.

Il a épousé une femme qui le délaisse pour participer à des débauches. On pense qu’elle rendait un culte au dieu Baal. Baal est un faux dieu que l’on représente comme un jeune taureau. Son culte était quelque chose de répugnant.

Osée aime sa femme, et il est très malheureux de ce qu’elle fait. En colère et malheureux, il décide pourtant de pardonner et il comprend une chose : Son histoire à lui ressemble à l’histoire de Dieu.

Être infidèle à Dieu, c’est grave. Pourtant, Dieu est prêt à pardonner. Dieu fait miséricorde et il demande que nous, à notre tour, nous fassions miséricorde. Osée a compris : c’est la miséricorde que Dieu désire.

Huit siècles et demi avait passé et Jésus était là. Il était la bonté même.

Trente ans plus tard, dans son épître à Tite, Saint Paul écrira que, alors, «  se sont manifestés la bonté de Dieu notre Sauveur et Son amour pour les hommes » (Tite 2,4). Le problème est qu’on peut voir sans comprendre. Les pharisiens lisaient l’Écriture Sainte et ils ne la comprenaient pas. Quand ils ont vu Jésus qui appelait le publicain Matthieu pour faire son disciple, ils ne comprennent toujours pas.

Vingt siècles ont encore passé.

Ce soir, nous sommes réunis dans cette église pour rendre un culte à la Miséricorde de Dieu. Vous me direz : «  Nous, au moins, la miséricorde, nous y croyons. » Grâce à Dieu, je pense que c’est vrai. Le fait est que nous sommes ensemble, une fois de plus, autour de la grande image de Jésus Miséricordieux. Nous savons pourtant une chose, rendre un culte à la miséricorde ne suffit pas ; il faut vivre la miséricorde. Parler de la miséricorde ne suffit pas, il faut mettre en pratique l’évangile de la miséricorde.

Au mois d’août 1933, sainte Faustine a suivi à Vilnius une retraite de 3 jours, prêchée par un père jésuite. Elle avait déjà un très grand amour de Jésus et elle avait compris que le Seigneur voulait faire d’elle une messagère de la miséricorde. Il faudrait peut-être dire : la messagère de la miséricorde.

Au début de la retraite, elle a une parole intérieure du Seigneur. Celui-ci lui dit : Tu écouteras bien le prédicateur, tout ce qu’il va dire, c’est pour toi. Chaque mot, ce sera pour toi.

Et c’est ce qui se passe. Sœur Faustine écoute tout ce que dit le prédicateur, et chaque mot la touche, chaque mot est complètement clair, chaque mot est une confirmation de sa vocation. Elle écrit dans son Journal : « Le père parlait de la miséricorde divine et de la bonté de Dieu envers nous. Tout ce que le père disait est exactement ce que Jésus m’a dit à propos de la fête de la miséricorde. Tout est clair maintenant. Je n’éprouve plus aucun doute, la parole de Dieu est claire et nette. »

Est-ce que les autres sœurs, ce jour-là écoutaient le prédicateur ? Je suppose que oui, mais pas aussi bien que sœur Faustine. Est-ce que Jésus parlait pour elles ? – Oui, bien sûr.

Est-ce qu’il parlait pour nous ? Oui, certainement, puisque sœur Faustine comprend que Jésus veut qu’elle note tout dans son cahier.

Quand Osée, le prophète, avait dit, au nom de Dieu : « C’est la miséricorde que je veux. », ses disciples, qui avaient bonne mémoire, s’en étaient souvenu. Quelques années plus tard, ils avaient fait travailler un scribe, quelqu’un qui savait écrire et celui-ci avait mis par écrit ce que nous appelons le livre du prophète Osée.

Quand Jésus avait appelé à le suivre le publicain Matthieu, celui-ci avait changé de vie et était devenu un apôtre. Quelques dizaines d’années plus tard, devenu âgé, Matthieu allait recevoir un nouvel appel. Il allait prendre la plume et mettre par écrit les actes et les paroles de Jésus. C’est notre évangile selon Saint Matthieu.

Pendant les dernières années de sa vie, durant les années 1930, sœur Faustine, qui avait pourtant très peu étudié, a écrit, écrit et encore écrit. Son « Journal » n’est pas un cinquième évangile, mais il nous redit l’Évangile.

J’aimerais vous persuader d’une chose : l’Évangile s’adresse à chacun de nous. Ce soir chacun de nous peut se dire « Jésus parle pour moi, personnellement. »

Au mois d’août 1935, sœur Faustine avait eu la grâce que les paroles du Seigneur Jésus deviennent tout à fait claires pour elles.

Je vous propose que nous prions les uns pour les autres, que pour chacun de nous, pour nous tous, ce soir, sans exception, les paroles de Jésus deviennent parfaitement claires : « C’est la miséricorde que je désire. »

Père J.L. LACROIX
7 juillet 2013
(1er vendredi du mois)

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