L’Apôtre de l’Eucharistie

Saint-Pierre-Julien-EymardAujourd’hui, 2 août, nous fêtons un saint français du XIXe siècle : Pierre-Julien EYMARD. Il est un modèle pour nous parce qu’il a été « l’Apôtre de l’Eucharistie. »

Tous les mois, le 1er vendredi, nous prolongeons la messe par une heure d’adoration. À la suite de Sainte Faustine, nous voulons surtout honorer la miséricorde de Seigneur. Mais nous honorons aussi le don que le Seigneur nous a fait en nous donnant l’Eucharistie. Saint Pierre-Julien EYMARD, ce saint qui est aujourd’hui un peu oublié, peut nous aider à mieux comprendre ce que nous faisons et pourquoi c’est important.

Pierre-Julien EYMARD est né à La Mure, au sud de Grenoble, dans cette partie des Alpes qu’on appelle le Dauphiné, en 1810. Son père était commerçant. Il vendait des couteaux et il produisait de l’huile de noix.

Quand il a 13 ans, il va en pèlerinage à Notre-Dame du Laus. À l’époque, il faut 3 jours de marche à pied, à travers les montagnes, pour aller de La Mure, chez lui, à Notre-Dame du Laus. Il rencontre là un prêtre auquel il explique qu’il veut lui-même devenir prêtre. Malheureusement, son père ne veut pas payer les études qui seraient nécessaires. Le prêtre qu’il consulte lui conseille de ne pas se décourager et d’aller à la messe tous les jours, ce qu’il fait.

Finalement, après bien des difficultés, il obtient d’être admis au séminaire. Il est ordonné prêtre en 1834. Quelques années plus tard, il entre dans un ordre religieux missionnaire, les Pères Maristes.

En 1845, le jour de la Fête-Dieu, il écrit ceci dans un petit carnet : « J’ai promis à Notre Seigneur, de ne prêcher que Jésus-Christ, et Jésus-Christ Eucharistie. Ma résolution est bien arrêtée. »

Ce jour-là, il avait compris que sa vocation à lui c’était cela : non pas seulement être prêtre, ni seulement être un religieux et un éducateur, mais être un prêtre qui serait l’Apôtre de l’Eucharistie, qui en parlerait en toutes occasions, qui aiderait les chrétiens à comprendre et surtout à aimer l’Eucharistie.

Dans les années qui suivent, il cherche encore ce qu’il doit faire. Finalement, en 1856, à Paris, il fonde une nouvelle congrégation de prêtres, les Prêtres du Très Saint-Sacrement. Les débuts sont difficiles, mais progressivement l’œuvre se développe. Quand le Père EYMARD meurt, le 1er août 1868, il n’a pas seulement fondé une société de prêtres, mais aussi une congrégation de religieuses et des groupes de laïcs.

Il a beaucoup travaillé pour permettre à des enfants pauvres, qui n’allaient pas au catéchisme, de connaître le Seigneur et de faire leur première communion. Toujours, toujours, il insistait sur l’importance de la prière et sur l’adoration.

Pour le Père EYMARD, deux choses sont profondément liées : le sacrement de l’Eucharistie et le sacerdoce des prêtres. Les prêtres sont des hommes qui restent pécheurs : il y a de mauvais prêtres, il y en a qui sont très mauvais, comme Judas. Pourtant, Jésus se sert de ces hommes pour se rendre présent.

Le Père EYMARD médite sur le Jeudi Saint (je le cite) : «  Oh ! Comme Jésus fut heureux quand il eut fait de ses apôtres, ses prêtres ! Comme son Cœur tressaillit de joie ! À peine eut-il institué l’Eucharistie et le sacerdoce (le Jeudi Saint) Jésus s’écria : «  Maintenant, le Fils de l’Homme a été glorifié ! »

Les prêtres sont avant tout les ministres de l’Eucharistie. Le Père EYMARD fait parler Jésus : « Je multiplierai mon sacerdoce comme les étoiles du ciel ; mes ministres couvriront le monde de temples et d’autels, afin que partout on m’offre à mon Père en oblation pure. Mes prêtres seront les incendiaires de ce feu divin que j’ai apporté du ciel et qu’ils trouveront allumé au Saint Tabernacle. Il faut que l’univers soit incendié par ce feu d’amour. »

Le Père EYMARD explique ce que c’est qu’adorer. Il dit : « C’est une profession de foi. C’est confesser la divinité de Jésus-Christ, sa souveraineté, sa puissance dans la Sainte Hostie. » Il ajoute : « Jésus-Christ est encore trop peu adoré dans l’Église catholique. » Dans l’Eucharistie, Jésus est vivant : «  Il y est vivant, il veut que nous lui parlions et il nous parle. »

Il écrit encore et c’est comme un poème, un hymne à l’Eucharistie :

« L’Eucharistie est comme un fleuve de vie sortant du Cénacle et serpentant à travers tous les peuples, puis allant se perdre dans l’océan de l’éternité. C’est un soleil d’amour inépuisable, toujours beau qui précède, accompagne et suit toutes les générations. C’est la colonne de feu et de nuée dans le désert de la vie ; la manne pour le voyage vers l’au-delà ; le tabernacle ambulant avec le peuple de Dieu ; la source d’eau vive qui jaillit jusqu’à la vie éternelle. »

Père J.-L. LACROIX, Homélie pour le 1er vendredi du mois

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