Après la mort, quoi ?

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Après la mort, quoi ? Chaque fois que nous sommes frappés par un décès cette question se pose à nouveau. Nous savons que la réponse de la foi chrétienne est celle de l’espérance. La mort n’est pas la fin de tout ; bien au contraire, la mort est le passage vers la rencontre de Dieu. Dans l’au-delà, nous espérons une éternité de bonheur et d’amour.

Comment comprendre cela ? Et d’abord, comment le croire ? Quand on meurt, tout semble nous dire que c’est pour toujours. Nos proches savent qu’ils ne reverront pas notre visage. Tant qu’ils seront vivants, ils se souviendront de nous. Viendra cependant le jour où eux-mêmes disparaîtront. La mémoire des hommes, même secondée par des archives, est un réceptacle trop fragile pour conserver indéfiniment le souvenir d’un défunt.
Ceux que nous aimons, nous voudrions les protéger de la mort. Nous voudrions les retenir du côté de la vie. En fait, c’est impossible : un jour, il faut bien lâcher prise. Mais ce que nous échouons à faire, Dieu le fait. « Ce qui est impossible à l’homme est possible pour Dieu » (Lc 18,27).

Notre mémoire est incapable de garder mieux qu’un souvenir, qui, un jour, s’éteindra. La mémoire de Dieu est vaste comme le ciel. Quand l’homme oublie, Dieu se souvient. Il se souvient de chacun, du plus oublié comme de celui qu’on évoque encore, et Il se souvient de chaque heure de notre vie. Quand nous avons la nostalgie de notre passé, quand nous regrettons nos « jeunes années » et ce qui fut le temps du bonheur, tout cela reste présent sous le regard de Dieu. Présent parce qu’il est, très véritablement, l’Éternel.
Nous disons que Dieu se « souvient » mais ce n’est encore qu’une façon de parler. Tous les siècles sont sous son regard, toujours. Il n’a pas à les parcourir l’un après l’autre. Il n’est pas né dans le temps. Il a créé le temps.

Mais Dieu fait plus encore. Ce n’est pas seulement notre passé qu’il sauve du néant de l’oubli ; il nous ouvre un avenir. Auprès de Lui, dans son Royaume, il donnera une « suite » à notre histoire présente. Une suite qui n’aura pas de fin.

vitrail-purgatoire-thiers-detail2Une conséquence de cela est que, dès maintenant, ici-bas, dans la foi, nous pouvons continuer à « cheminer » avec ceux que nous avons connus. Nous ne repensons pas à eux comme à ceux qui n’appartiendraient qu’au passé. Leur histoire se poursuit.
Les morts nous accompagnent. De là où ils sont, dans le Cœur de Dieu, ils nous voient et ils prient pour nous. De là où nous sommes, nous ne les voyons pas, mais nous les savons présents, et nous avons à prier pour eux.

Nous savons que la mort est un passage douloureux, comme peut l’être une naissance. Pour entrer dans la vie éternelle, il faut consentir à la miséricorde de Dieu. Est-on mort dans les dispositions qu’il fallait ?
Nous prions pour les défunts en demandant à Dieu que cela ait bien été le cas, pour tous. Nous demandons que tous les défunts, même ceux qui furent les pires des criminels, puissent pour finir être accueillis dans son Paradis.
Nous savons que Dieu, dans sa miséricorde, purifie et sanctifie l’âme imparfaite et pécheresse qui se présente à Lui. Les plus grands saints savaient qu’ils étaient loin du pur amour, même s’ils en approchaient. À plus forte raison, les hommes ordinaires que nous sommes ont besoin d’être libérés du poids de leurs péchés.

Cette action de Dieu, à laquelle nous collaborerons en y consentant, peut s’étaler, mystérieusement, dans une durée qui précède l’entrée dans l’éternité divine. Nous appelons cela le purgatoire. C’est un lieu de ferveur, de sainteté mais aussi de souffrance. Les âmes du purgatoire attendent leur délivrance à la manière dont une personne de grande sainteté vit son agonie. Elles sont comme Jésus au Jardin des Oliviers, qui demandait à ses disciples de veiller et de prier avec lui.

vitrail-purgatoire-thiers-détail1Quand nous prions pour les morts, il arrive souvent que ce soit dans le chagrin. Mais ce chagrin n’est pas opposé à l’espérance. Si nous faisons un acte de foi, ce qui était la nostalgie d’un passé perdu va devenir l’attente d’un bonheur promis. (JLL, homélie de 2008)

Photos : vitrail de la chapelle des défunts de l’église de Thiers. Les vivants comme les morts sont unis dans une même supplication. Les âmes du purgatoire sont des âmes en prière.

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