Les Visiteurs

Les-Mages-Crèche-de-Saint-SulpiceJoseph et Marie se doutaient bien que l’avenir leur réservait de très étonnantes surprises ; mais de là à imaginer la venue de ces hommes ! Saint Matthieu écrit sobrement : « des mages venus d’Orient ». Nous comprenons que c’étaient des hommes savants, venus de très loin. Peut-être de cette Chaldée d’où Abraham était parti jadis. Peut-être de plus loin encore.

La venue de ces sages depuis une lointaine nation païenne était quelque chose de totalement improbable. Un demi-siècle plus tard, les premiers missionnaires de l’Évangile se mettront en route dans l’autre sens : depuis Israël vers les nations. Leur histoire ne sera pas moins surprenante. Qu’est-ce qui peut pousser des hommes raisonnables à penser qu’ils ont un message à annoncer au monde entier ?

Nous connaissons la réponse. Les Apôtres avaient la conviction d’obéir à un ordre du Christ. Matthieu, qui raconte la venue des Mages au chapitre 2 de son Évangile, conclut celui-ci, au chapitre 28, par cette scène inoubliable du Ressuscité envoyant ses apôtres en mission : « Allez ! De toutes les nations faites des disciples ».

Les Mages venaient en hommes de paix. On les voit qui s’adressent au roi Hérode avec une certaine candeur. Leur venue va pourtant déclencher la tempête. Marie et Joseph devront fuir en Égypte. Se faire missionnaire, c’est toujours prendre des risques pour soi et c’est parfois en faire courir à d’autres. Si nous l’avions oublié la prise en otage du Père Georges Vandenbeusch serait là pour nous le rappeler.

Le pape François invite aujourd’hui l’Église entière à « rejoindre toutes les périphéries qui ont besoin de la lumière de l’Évangile ». Il insiste : « Nous sommes tous invités à accepter cet appel ».

À Paris, l’année 2014 sera marquée par une entreprise ambitieuse de « mission », du 30 novembre au 25 décembre, durant le temps de l’Avent. Nous avons 11 mois pour nous y préparer.

Jusqu’à présent, à Saint-Sulpice, notre charisme est plutôt d’ac­cueillir. Des visiteurs nombreux viennent de loin ou de très loin. Les recevoir de notre mieux restera sans doute longtemps notre première mission. Mais pouvons-nous accueillir comme ils le méritent ceux qui ont fait le chemin jusqu’à nous si nous ne sommes pas disposés, parfois, à faire le chemin inverse ?

Père Jean-Loup Lacroix

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