Le Défenseur

esprit-saint-miniature-missel-franciscain-600« Le Père vous donnera un autre Défenseur qui sera toujours avec vous : c’est l’Esprit de vérité » (Jean 14).

N’en doutons pas : cette promesse se réalise. Aujourd’hui même. Sans cesse. Le plus souvent, nous ne nous en apercevons même pas. Comment se fait-il que l’action de l’Esprit Saint se remarque si peu ?

Serait-ce parce que nous manquons de foi ? Je remarque pourtant qu’il faut un acte de foi pour admettre que Dieu nous parle quand on proclame la Sainte Écriture : cet acte de foi, nous le faisons. Il faut un acte de foi pour recevoir l’hostie et y reconnaître le Corps du Christ : nous le faisons.

Il est tout à fait impossible d’être fidèle au Christ en laissant de côté l’Esprit Saint. Sans lui, les Évangiles seraient incompréhensibles. Les Prophètes n’auraient rien à nous dire. Nous serions incapables d’entrer dans la prière des Psaumes.

Sans lui, les sacrements seraient inefficaces. La sainteté ne serait qu’un rigorisme. L’Église ne pourrait espérer trouver son unité. La mission ne serait qu’une propagande.

Sans lui, nous serions à jamais incapables de prier Dieu comme il faut (Rm 8,26).

On ne devrait pas négliger de parler de l’Esprit Saint. Nous ne devrions pas non plus négliger de lui adresser nos prières.

À vrai dire, il n’est pas si étonnant que cela que l’Esprit Saint demeure « un Dieu qui se cache » (Is 45,15). Jésus explique qu’il est semblable au vent, que l’on entend dans le voir (Jn 3,8). Il est aussi comme ce parfum que l’on mélange à de l’huile d’olive pour préparer le saint-chrême. Un parfum remplit l’espace. On le sent présent. Il reste pourtant invisible.

Parfois, l’Esprit agit de manière claire et évidente. Au jour de Pentecôte, on entendit un bruit puissant, « comme celui d’un vent de tempête » (Ac 2,2). Le plus souvent, il est comme cette brise légère dont le prophète Elie entendit le délicat murmure sur la Montagne (1 Rois 19,12).

Ce sont les esprits démoniaques qui font du fracas. L’Esprit de Dieu donne la paix.

Il sait se faire discret. Il est l’« hôte très doux de nos âmes » (Veni Sancte Spiritus, séquence de la Pentecôte). Il met les choses en place. Il fait trouver l’harmonie. Il clarifie nos pensées. Il fait surgir la bonne idée. Il met en route au moment qu’il faut. Il est la liberté, le naturel, l’évidence. Il simplifie. Il dissipe les peurs. Il fait oser une parole. Il suscite la prière. Il est comme un chant qui monte, et qui coule de source.

Tout cela fait sa puissance. Tout cela fait de lui notre ami et notre défenseur. Rien de cela n’attire nécessairement sl’attention.

Il est la vérité même. Il est aussi l’humilité.

Père Jean-Loup Lacroix (Homélie pour le 6e dimanche de Pâques)

 

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