Annonciation

Fra-Angelico-L'Annonciation-(Prado)À quatre jours de Noël, nous lisons l’évangile de l’Annonciation. Le plus grand et le plus secret de tous les miracles. L’événement le plus intime qui soit. Une jeune fille d’un très obscur village de Galilée a soudain la certitude qu’elle va devenir la mère du Messie.

Les Grecs imaginaient volontiers des naissances d’êtres mi-divins mi-humains, comme Esculape, Dyonisos, Hercule ou Hermès. Mais les histoires que l’on racontait à leur sujet étaient sordides. Surtout, ce n’étaient que légendes.

L’enfant que Marie allait mettre au monde serait quant à lui tout à fait réel. Des foules innombrables se rassemblèrent autour de lui. Son existence historique est absolument indubitable.

Il fut vraiment et pleinement un être humain. Cela ne devrait faire aucun doute pour personne. Le plus grand des miracles est qu’il fut cependant, vraiment et pleinement, le Dieu Très Haut.

Rien ne fut d’abord plus secret. Nul ne fut témoin de sa conception virginale. Il fut un enfant comme les autres. Ses miracles auraient pu être ceux d’un envoyé de Dieu au charisme exceptionnel, comme Moïse ou Elie avant lui.

Au Quatrocento, le Bienheureux Fra Angelico, véritable saint et artiste de génie, a mis tout son art à peindre l’événement de l’Annonce faite à Marie. Celle-ci tient un livre sur ses genoux. On comprend qu’elle est surprise alors qu’elle faisait sa prière. L’Ange s’incline. Surtout, il y a ce rayon d’une infinie délicatesse qui traverse toute la scène. En regardant de près, on distingue la silhouette d’une colombe. Pour ceux qui n’auraient pas compris, le rayon figure donc l’Esprit Saint lui-même qui agit depuis le Ciel pour accomplir ce que l’ange vient d’annoncer.

Sur la gauche, on reconnaît la figuration de nos premiers parents, Adam et Eve chassés du Paradis à cause de leur péché. Fra Angelico les a peints avec grand respect. Eve a les mains jointes, comme si elle priait. Adam a la main sur la joue, comme pour cacher ses larmes. Sous leurs pieds, les roses du jardin de Marie, qu’ils piétinent sans y prendre garde.

Nous comprenons que nous leur sommes semblables. Nous saisissons aussi que Celui qui va naître sera leur Sauveur, et le nôtre.

Père Jean-Loup Lacroix

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