Attente

Une phrase me frappe dans l’évangile de ce dimanche : « Le peuple était en attente » (Lc 3,15).

Berna, Jean-Baptiste

De fait, quand Jean-Baptiste prêchait, le peuple juif attendait un Messie plus que jamais auparavant. Beaucoup pensaient avec raison que la venue du Sauveur se ferait à leur époque.

Chez les Grecs et les Romains, l’époque était au contraire celle de la désillusion. Le temps littéralement enchanté des religions traditionnelles était révolu. Épicure affirmait : « Les dieux ne sont pas à craindre. » Lucrèce et ses disciples étaient athées. « La mythologie et la philosophie païennes perdaient ainsi toute substance » (Chesterton).

Notre époque n’est pas très différente. Depuis plus d’un mois, les commentateurs essayent de comprendre ce qui se produit en France. Beaucoup d’explications sont éclairantes mais restent insuffisantes.

Nous devons nous rendre à l’évidence : ce qui se passe sous nos yeux est le nouveau symptôme d’une crise extrêmement profonde. C’est tout un monde qui est en train de disparaître. Qui peut encore en douter ?

Les auditeurs de Jean-Baptiste comprenaient que le temps était venu de se préparer. Ils disaient :« Que devons-nous faire ? » Jean répondait qu’il fallait partager avec les plus démunis, s’interdire la rapacité et la violence.

En leur disant de se tenir prêts, il confirmait leur espérance.

Oui, Dieu allait se manifester.

Père Jean-Loup Lacroix

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