Fête patronale

Est-ce qu’il vous arrive de prier le saint évêque de Bourges qui a donné son nom à notre paroisse ? Sans doute pas. Dans notre église, sa statue se trouve dans une niche au-dessus de la porte de la sacristie (photo). Avouons-le : quasiment personne n’y prête attention.

Il est pourtant notre protecteur. Un « patron », c’est cela. Le mot ne signifie pas « dirigeant », mais « petit père » (patronus) avec les liens affectifs et la bienveillance que cela suppose. Tous les ans, le dimanche qui suit le 17 janvier, nous célébrons comme il se doit sa fête.

Les saints sont des témoins et des modèles. Ils sont aussi ceux qui prient pour nous. Nous leur sommes unis par des liens invisibles que leurs reliques, leurs portraits et les célébrations en leur honneur viennent rendre visibles. Dans le Je crois en Dieu, nous disons : « Je crois à la communion des saints. » Celle-ci est le lien qui unit entre eux tous les membres du Corps du Christ. Nos liens avec ceux qui nous ont précédés dans l’au-delà sont l’un de ses aspects.

Je ne prie pas assez souvent saint Sulpice, mais il m’arrive fréquemment de penser à lui. Il fut évêque en des temps difficiles. On est alors près de deux cents ans après la fin de l’empire romain. Les villes se sont vidées de leurs habitants. On survit comme on peut. Les rois mérovingiens sont restés à-demi nomades et vont de camp en camp, comme leurs ancêtres francs. Sulpice porte un nom latin, le même que celui d’un saint moine du 4e siècle, Sulpice Sévère. Il appartient à une vieille famille d’origine gallo-romaine. Celle-ci a certainement fait le nécessaire pour lui transmettre un minimum de culture. En 624, le roi Clotaire II, le nomme évêque de Bourges. En ce temps-là, les rois nommaient les évêques ! Pour une fois, le choix se révèle excellent. Sulpice est un pasteur exemplaire. À longueur d’année, il parcourt le Berry, par des chemins malcommodes et dangereux, pour visiter chacune des paroisses de son vaste diocèse.

Saint Sulpice est souvent désigné comme « saint Sulpice le Bon », ou encore : « saint Sulpice le Pieux ». Son exemple nous prouve qu’il est toujours possible d’adorer Dieu et de secourir son prochain, même dans une société aussi dévastée que celle de son temps.

Demandons-lui d’être fidèles à son exemple de foi et de bonté.

Père Jean-Loup Lacroix