L’Incomparable

Marie est d’une rare distinction : la beauté même. Jésus est un véritable bébé, très touchant, avec ses bonnes joues et sa petite main qui les bénit. Eux ? Ils sont l’humanité. Plus laids que beaux, mais très admirables quand même. Ce sont des rois. Ils portent sur eux tout l’or du monde. Mais le luxe incroyable de leurs habits ne leur a pas fait perdre cet élan du cœur qui les a mis en route. Chacun d’eux est saisi par l’émotion.

Ils ont raison. Celui qu’ils vénèrent est absolument unique. On les représente comme des rois. C’étaient plutôt des astrologues. Pour une fois, leurs spéculations s’étaient révélées justes. Ils ont pris la route. Ils sont arrivés au bon endroit au bon moment.

Saint Paul écrira : « Lorsqu’est venue la plénitude des temps, Dieu a envoyé son Fils » (Ga 4,4). Ils étaient là.

La même histoire ne se répétera pas. Cela est impossible et ne servirait à rien. Saint Jean de la Croix explique : « En nous le donnant, Dieu nous a tout donné. »

Pour qui a la foi, il est évident que le Christ est incomparable. Pour qui ne l’a pas, force est de constater que personne n’a jamais exercé une influence si profonde et si durable. Il y a cependant une grande différence entre se contenter de reconnaître tout ce que le christianisme a apporté à l’humanité et avoir véritablement la foi. Dans le premier cas, on admettra que le Christ est jusqu’à présent sans égal, on ne le verra pas comme absolument incomparable.

Jésus est unique parce que Dieu est unique. Il m’arrive de rencontrer des gens qui n’arrivent même pas à imaginer que nous puissions croire une chose pareille. Avoir un minimum de cohérence dans ses croyances n’est pas donné à tout le monde.

Récemment, une personne me parlait de sa lassitude. Elle pensait qu’un prêtre pourrait l’aider à « positiver ». J’ai suggéré que nous nous tournions vers Dieu : « Il n’est pas sourd, il nous entend et il nous écoute. » Finalement, j’ai proposé de dire une prière de bénédiction : ce serait une façon d’appeler sur elle la bienveillance de Dieu. Mon interlocutrice m’a regardé faire. Elle avait l’air perplexe. Un prêtre qui prie ! Si elle avait surpris Don Camillo en train de parler au Christ, je suppose que cela lui aurait fait le même effet.

Dieu est tout proche. Tous les chrétiens savent cela, mais il leur arrive de ne pas en tirer les conséquences. Les Mages venaient de loin. Les doctes conseillers d’Hérode étaient quasiment sur place, mais pas un d’entre eux n’a pris la peine de faire le court trajet qui l’aurait conduit jusqu’à l’Enfant.

Nous savons qui nous devons imiter !

Père Jean-Loup Lacroix

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