Panama

PANAMA : C’était une barrière ; c’est devenu un passage. En cherchant la route des Indes, les Européens avaient buté sur… l’Amérique. Cinq siècles plus tard, entre 1882 et 1914, au prix de milliers de vies, là où l’isthme est le plus étroit, on creusa un canal.

En choisissant le Panama, pour les Journées Mondiales de la Jeunesse, le pape François a fait un choix hautement symbolique. Ce pays est comme un condensé de notre siècle, avec son économie mondialisée et ses transports maritimes toujours plus gigantesques. Plus de 400 millions de tonnes de trafic l’année dernière ! Dieu dans tout cela ? On peut craindre qu’il soit le grand oublié. L’histoire de Babel et de sa tour seraient en train de se répéter sous nos yeux. La fin prévisible serait la même : incapacité à se comprendre, divisions, sauve-qui-peut. Avec la grâce de Dieu, un autre scénario est possible, biblique lui aussi. Un peuple qui se lève, qui prend la route et qui traverse la mer.

Les Journées Mondiales de la Jeunesse sont certainement à comprendre comme une nouvelle Pentecôte. Il s’y produit chaque fois à nouveau qu’on se parle, qu’on se comprend et que l’on forme un seul peuple à l’échelle du monde. C’est le contraire de Babel. Quand l’orgueil des humains avait conduit à la division, le don de l’Esprit rend possible l’unité. Il me semble que les JMJ de Panama sont aussi à comprendre comme une expérience pascale : un étroit passage que l’on franchit, comme les Hébreux à travers la mer, comme le Christ à travers la mort, comme nous pour retrouver l’espoir.

Le jour de Pentecôte, Marie était en prière au milieu des disciples. À Panama, elle sera très présente. Le thème de ces JMJ est la réponse qu’elle avait faite à l’Ange le jour de l’Annonciation : « Voici la servante du Seigneur ; que tout m’advienne selon ta parole ».

Père Jean-Loup Lacroix

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