Dimanche de la santé

Il allait de village en village pour parler de Dieu — il le faisait comme personne ! Il priait et il enseignait à prier. Qu’a-t-il fait d’autre ? On l’appelait « le fils du charpentier ». Pendant quelques années, il avait certainement travaillé de ses mains.
Est-ce tout ? La théologie dit de lui qu’il fut homo perfectus, homme parfait. On aurait pu s’attendre à ce qu’il ait excellé dans tous les domaines. Mais il ne fut pas un touche-à-tout. Pas davantage un professionnel ultraspécialisé. Ni un inventeur. Ni un artiste qui aurait laissé un nom.
Il allait à la synagogue et au temple. Il y chantait certainement les psaumes, mais il n’était ni prêtre, ni lévite, ni chantre. Il n’était pas musicien. Ni sculpteur. Ni architecte. Il n’a écrit au-cun livre. Il n’est pas entré dans la compétition pour le pouvoir. Il ne s’est jamais marié. Il n’a pas fait fortune, ni voyagé. Il ne fut pas un philosophe.
N’aurait-il vraiment rien fait d’autre que prier et prêcher ?
Réponse : Il guérissait les malades !
Marc résume ainsi son activité : « Il parcourait toute la Galilée ; il enseignait dans leurs synagogues, proclamait l’Évangile du Royaume, guérissait toute maladie et toute infirmité dans le peuple » (Mc 4,23).
Tel fut le souvenir qu’il laissait : prédicateur et guérisseur, sans être rabbin ni médecin, mais bien à temps plein, trois ans durant.
Pourquoi cette priorité accordée par le Christ au soin des ma-lades ? Lui-même ne s’en est pas expliqué. Il est cependant pos-sible de deviner la réponse.
Il y eut ce jour où on amena un homme paralysé en faisant un trou dans le toit. Jésus lui dit : « Tes péchés sont pardonnés. » En-suite seulement, il le remet sur pied. Nous comprenons que, pour lui, la guérison spirituelle et la guérison physique sont deux choses distinctes et cependant liées. L’une et l’autre lui impor-taient.
Il y eut surtout son combat contre les démons. On lui demandait de les chasser et c’est bien ce qu’il faisait. Ne disons pas que les évangélistes parlent du diable quand il aurait fallu parler de ma-ladie. Ils font très clairement la différence. Il est dit et répété que Jésus guérissait les malades et qu’il chassait les démons. Ce qui est vrai, c’est que les deux peuvent aller ensemble.
Le Christ est le Rédempteur, celui qui libère du mal. Si le soin des malades fut pour lui une priorité, c’est parce que la santé de l’âme et celle du corps, sans se confondre, sont profondément liées.
En prenant soin des malades, il nous donnait la plus belle image qui soit de ce qui l’habitait au plus profond : la miséricorde de Dieu.
Qu’est-ce qui est somatique, ou psychique, ou spirituel ? Sou-vent on ne sait pas bien. En toute hypothèse, l’exemple du Christ nous invite à la compassion, au soin, et à la prière.
Père Jean-Loup Lacroix