Guérison

Ce dimanche, plusieurs personnes recevront le sacrement des malades dans le cadre de notre messe de 11 heures.

La veille, ce samedi après-midi, notre archevêque sera venu à Saint-Sulpice pour présider lui-même une longue « prière de guérison et de délivrance ».

Deux heures et demie de prières intenses dans un cas. Deux ou trois minutes, le temps d’imposer les mains et de faire une onction d’huile, dans l’autre. On serait tenté de dire que les deux célébrations n’auront « rien à voir ». À y réfléchir, c’est pourtant le contraire. Dans l’un et l’autre cas, on imposera les mains à des personnes souffrantes et on priera sur elles en demandant la grâce d’une guérison.

Quant on reçoit le sacrement des malades, on n’attend sans doute pas un miracle, mais que demande-t-on ? La santé. Est-on exaucé ? Oui. Je sais bien que très souvent, Dieu ne donne qu’une rémission. Peut-être n’en demandait-on pas plus. On attendait un soulagement. On le reçoit, et c’est déjà un très beau signe.

Nous savons que souvent le « mieux » que l’on ressent physiquement est tout simplement le bon effet du changement spirituel qui s’est opéré. On a tout remis entre les mains du Seigneur. Cet acte de confiance nous a rendu plus serein. En réponse à notre acte de foi, Dieu a donné la santé de l’âme. Il en découle cet autre don, inséparable : la santé du corps.

Il arrive que l’on ait surtout demandé à Dieu « un meilleur moral ». Peu importait alors de savoir quelles étaient les causes somatiques, psychologiques ou spirituelles de notre état dépressif. Dans tous les cas, notre prière était la même, celle que le Christ nous a apprise : « Délivre-nous du mal. » Et nous avons été exaucés.

Le diable dans tout cela ? Souvent (mais pas toujours) son action est tristement banale. Le Tentateur prend occasion de chacune de nos faiblesses. Si nous souffrons de dépression, il s’agit d’un phénomène psychologique et somatique ; mais un démon peut en profiter pour nous faire entrer dans la tentation. Celle de pécher contre la foi et l’espérance.

S’il faut alors prier, ce n’est pas pour mettre « toutes les chances de son côté », comme si Dieu était une sorte d’auxiliaire de santé. La prière est nécessaire non pas d’abord comme une aide, mais pour résoudre ce qui est alors notre problème numéro un : le risque de s’éloigner de Dieu.

Plus j’y réfléchis, moins je vois de différence entre les prières de ce samedi et celles que nous ferons le dimanche. Samedi, certains viendront avec l’espérance d’une délivrance immédiate. Ils n’auront pas forcément tort, du moins s’ils acceptent que Dieu les exauce à sa façon, quand il voudra. Dimanche, nous demanderons peut-être surtout une grâce d’abandon : assumer son état de santé avec cette paix que Dieu donne. Nous n’aurons pas tort non plus, du moins si nous ne manquons pas de foi.

Deux grâces se complètent : celle de la foi et celle d’un bon discernement. Nous avons à les demander l’une et l’autre.

Père Jean-Loup Lacroix

> Depuis l’incendie de Notre-Dame, nous avons l’honneur et la responsabilité d’accueillir au mieux d’assez nombreux événements diocésains. Les choses se « rodent » tout doucement. Beaucoup de travail quand même ! Dans ce contexte, nous devons réduire un peu le rythme de parution de Tous Frères. Prochain tirage le dimanche 26 mai.