Pentecôte

Greco, La Pentecôte (détail)

Est-ce que nous réalisons bien ? Saint Luc écrit :
« Tous furent remplis d’Esprit Saint. »

Le récit de la Pentecôte me fait penser à ce que raconte le
prophète Ézéchiel : « Puis j’entendis le bruit que faisaient les
ailes des Vivants, battant l’une contre l’autre, et le bruit des roues à côté
d’eux, et le bruit d’une grande clameur. Alors l’esprit me souleva, il me
saisit » (Ez 3,13-14).

Quelque-chose de gigantesque qui se produit. Une expérience
troublante.

Qui est-il donc cet « Esprit Saint » ?
Réponse au tout début de la Bible : « Au commencement, Dieu créa le
ciel et la terre. La terre était informe et vide, les ténèbres étaient
au-dessus de l’abîme et le souffle de Dieu planait au-dessus des eaux »
(Gn 1,1-2).

« Le souffle ». Autre traduction : l’esprit. L’auteur
du livre de la Genèse nous fait comprendre que l’esprit divin est plus ancien
que l’humanité, plus ancien que le soleil et les astres. Il nous propose aussi de
l’imaginer comme un oiseau qui plane. Bienveillant.

Avant sa mort, le Christ avait fait une promesse aux Apôtres :
« Je vais envoyer sur vous ce que mon Père a promis » (Lc 24,42).
C’est ce qui se réalise à Pentecôte.

Vous connaissez sans doute cette invocation, inspirée d’un
psaume : « Ô Seigneur, envoie ton Esprit, qui renouvelle la face de
la terre. » Au jour de Pentecôte, cette prière est exaucée. L’immense
majorité des humains n’en sut rien. Mais l’Église était née. Et toute son histoire,
ensuite, est à comprendre comme une Pentecôte toujours renouvelée. Tantôt
flamboyante, tantôt misérable, tantôt modeste mais très admirable.

L’erreur serait de ne chercher que ce qui est spectaculaire.
Saint Paul a écrit : « Voici le fruit de l’Esprit : amour, joie,
paix, patience, bonté, bienveillance, fidélité, douceur et maîtrise de soi »
(Ga 5,22).

Le très beau film qui vient de sortir sur Lourdes donne à la
question des miracles la place qu’elle mérite : ni sans importance, ni
essentielle. Si ce film est bouleversant, c’est plutôt par la fantastique justesse
du regard qu’il porte sur les personnages.

Je me disais : « Lourdes, c’est ça. C’est tellement
ça ! »

Pour discerner l’Esprit Saint toujours à l’œuvre, il faut le
même regard. Alors, on le reconnaît sans cesse à nouveau.

La Pentecôte, en somme, c’est tous les jours.

Père Jean-Loup Lacroix