Père, Fils, Saint-Esprit

À eux trois, ils forment un seul Dieu. Ou plutôt : ils sont un seul Dieu. Ils n’ont pas convergé. Leur unité n’est pas un résultat, elle n’est pas un assemblage, pas un mariage, pas une simple alliance. Elle est leur être même.

Trois personnes, une seule « substance », dit le credo — ce qui ne veut pas dire un seul matériau, ni une similitude, ni une égalité : mais bien un seul être, unique, indivisible.

Ne me dites pas que tout cela est trop abstrait. Oui, il faut choisir ses mots avec soin, mais la Trinité n’est pas une notion. Elle est la réalité même. La vie même.

Dieu est amour. C’est son ultime secret.

Quand Jésus parlait de Dieu, ce n’étaient pas là les explications de quelqu’un qui nous partage ses idées. Moins encore les rêveries de qui donne libre cours à son imagination. Les gens remarquaient qu’il parlait « avec autorité ». Comprenez : comme celui qui sait. Rien qui sente l’exaltation, rien de forcé, mais plutôt une joie secrète, incommensurable. Une paix, une plénitude.

Le Père et le Fils. Mais aussi l’Esprit. Il faut un peu de temps pour remarquer sa présence. Il y a bien cette colombe qui repose sur Jésus au jour de son baptême ; mais qui avait pu la voir ? Plus tard, il y a la « confession » de Pierre à Césarée : « Tu es le Christ. » Cela signifie que Jésus était l’envoyé de Dieu annoncé par les prophètes. Mais le mot « christ » évoquait plus précisément encore une onction, nous dirions une aura.

Laquelle ? La réponse ne fait aucun doute : celle de l’Esprit-Saint. Jésus est celui qui peut dire en toute vérité : « L’Esprit de Dieu repose sur moi. »

Souvent, Jésus partait à l’écart et il priait. C’était alors, sur notre terre, le même élan d’amour que celui qui habite, au ciel, le cœur de Dieu.

En fait, avec ou sans témoin, Jésus priait sans cesse. Sa prière n’était pas une parenthèse dans son action. C’était sa vie même. Si notre prière est semblable à la sienne, elle n’est pas une évasion. Prier c’est se laisser saisir par l’amour du Dieu Amour. On ne sort pas du réel, on rejoint celui qui en est la source.

Vous connaissez sans doute cette formule de Dante, les derniers mots du tout dernier Chant de la Divine Comédie : l’amor che muove il sole e l’altre stelle, l’Amour qui meut le soleil et les autres étoiles.

C’est l’Amour divin.

Père Jean-Loup Lacroix

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