Saint Sacrement

La messe est une action, une dynamique : proclamation de la Parole de Dieu, puis action de grâces, puis communion, puis envoi en mission.
On peut ressentir le besoin de faire une pause. Au nom du Christ, le célébrant a dit : « Ceci est mon corps. » Aussitôt après, il élève l’hostie. Au cœur de l’action liturgique, il y a alors ce très bref instant de contemplation. On fait silence. On adore. Ensuite, le servant sonne sa clochette. Le prêtre repose l’hostie et la messe se poursuit.
Les spécialistes de l’histoire de la liturgie expliquent que ce rite de l’élévation doit se comprendre comme une « monstration » : son sens est de montrer le corps du Seigneur à l’assemblée des fidèles.
Les chrétiens du Moyen-Âge avaient un grand désir de « voir l’hostie ». Ils accordaient donc beaucoup d’importance au rite de l’élévation. Au XIIIe siècle, on voulut faire davantage et on institua la fête du Saint-Sacrement. Dans ce contexte, on commença à réaliser ces pièces d’orfèvrerie que l’on appelait des « monstrances ». Nous disons aujourd’hui « ostensoirs » (du latin ostendere, montrer).
On peut poser un ostensoir sur un autel. On peut aussi le porter en procession. Dans l’un et l’autre cas, il s’agit essentiellement d’exprimer notre louange et notre adoration.
La dévotion au Saint-Sacrement n’a pas toujours existé et elle n’est pas quelque chose d’indispensable. Il est tout à fait possible de prier le Christ en n’importe quel lieu : chez soi, dans le métro, sur son lieu de travail, dans la nature. Où que nous soyons, rien ne peut nous interdire de penser à lui, ne serait-ce qu’un instant, et de l’adorer dans notre cœur.
Il est cependant très naturel, pour qui reconnaît la présence réelle du Christ, de vouloir l’adorer dans l’eucharistie.
La petite hostie vers laquelle nous levons les yeux est un appel à la foi. Ce que nos yeux voient, c’est un petit morceau de pain sans levain. Sous ce très humble signe, nous reconnaissons Dieu qui est présent. Nous sommes face au Corps du Christ, donc aussi face à son âme humaine, donc aussi face à sa personne même, face à lui, qui est Dieu.
Face au Saint-Sacrement, nous comprenons aussi que le Seigneur veut se donner à nous. L’hostie qui est là est clairement une nourriture. Un jour prochain, elle sera remise dans un ciboire, puis fractionnée, puis consommée. Jésus avait dit : « Je suis le Pain de Vie. »
Tout est là !

Père Jean-Loup Lacroix
(7 juin 2015)

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