Toussaint

Je voulais d’abord intituler cette feuille « Vers la Toussaint. » Pour des raisons pratiques (les horaires à diffuser : voir en dernière page), elle sera en effet disponible dès ce dimanche de vacances.

La Toussaint, comme je prends ma plume, nous n’y sommes pas encore. C’est là une banalité, mais elle peut nous aider à réfléchir.

En effet, la fête de Toussaint nous projette vers l’avenir. Tous les ans, elle vient nous rappeler que nous allons vers l’au-delà, vers une plénitude d’amour et de bonheur qui donne sens à notre « temps présent ». Celui-ci se trouve comme aimanté par cette grande espérance qui remplit l’horizon de nos vies.

Nous croyons au Ciel. Nous en cherchons la porte d’entrée (réponse : les Béatitudes). Sans être pressés de mourir, nous pouvons même ressentir une certaine impatience d’y être enfin.

Vous me direz : croyez-vous vraiment que les choses se termineront ainsi ? L’idée d’un un grand rassemblement de tous les enfants de Dieu, pour finir, est-ce vraiment autre chose qu’une utopie ? La plus belle, la plus ambitieuse, celle qui dépasserait et rassemblerait tous les rêves jamais faits par l’humanité ; mais quand même un rêve ?

Une personne incroyante et cependant bienveillante admettra sans doute que les rêves des chrétiens ont été utiles à l’humanité. Et qu’ils peuvent le rester. Imaginer une grande réconciliation finale, nous aide à chercher les chemins de la paix en notre temps.

On pourrait nous dire : Merci pour vos utopies, elles nous ont tirés vers le haut. On ajouterait peut-être : Merci de faire semblant d’y croire encore.

J’écris cela en pensant à la stupéfaction non feinte de journalistes de télévision accueillant récemment sur leur plateau une jeune consœur « classée à l’extrême droite » (dixit Google) qui ne cachait pas sa foi. Le contexte était celui de la manifestation du 6 octobre. « Comment une jeune et jolie femme comme vous, manifestement intelligente, peut-elle croire des choses pareilles ? La résurrection, le paradis : vous n’allez pas nous dire que vous pensez sérieusement que c’est vrai ? » Réponse : Si !

Dire que le ciel, c’est réel, et que des milliers de millions de saints nous y attendent déjà, cela peut étonner.

À l’inverse, nous pourrions être choqués, déstabilisés, par cet étonnement. On devrait pourtant savoir que la question n’est pas nouvelle. Au temps du Christ, parmi les juifs, la croyance en la résurrection faisait débat. La plupart des prêtres du Temple, n’y croyaient pas. Leur religion n’était pas une religion de l’espérance.

Ne leur arrivait-il pas de lire les écrits des Prophètes ? En fait, non. Ou rarement. Leur référence, c’était Moïse. Ils lisaient et relisaient les cinq rouleaux de la Torah. Ils y trouvaient une invitation à adorer le Dieu unique, à obéir à ses commandements et à célébrer son culte ; mais sans y discerner une promesse.

Comme lecteurs de la Torah, ils ne pouvaient pas ignorer que leur peuple avait traversé mer et désert pour aller vers la Terre promise. Mais il ne leur venait pas à l’idée que cette histoire n’était qu’un commencement, que nous sommes en marche, à notre tour, vers la véritable Terre Promise.

Hier, un ami me citait son père agnostique : « J’irai à la messe quand les curés croiront en Dieu ! » C’était assez injuste, mais le clergé du Temple au temps du Christ aurait mérité un semblable reproche. Jésus s’affronta durement à leur groupe. La joute fut d’abord verbale. (Pensez à l’histoire de la femme aux sept maris.) Pour finir, ils obtiendront sa condamnation et sa crucifixion.

Tantôt sur le ton de la polémique, tantôt sur celui de l’étonnement, on nous repose sans cesse la même question : « Vous y croyez vraiment ? » Saint Paul répondait : « Si le Christ n’est pas ressuscité des morts, notre foi est vaine. »

J’oserai ajouter que nous avons une autre raison de croire à la réalité de l’au-delà. Dès à présent, les voix venues d’outre-tombe sont nombreuses, tantôt plaintives, ou menaçantes, tantôt souriantes. Beaucoup des « rencontres » que l’on évoque sont sans doute des illusions, mais quelques-unes ne me laissent aucun doute.

D’où venait donc cette personne qui se faisait voir à la jeune Bernadette Soubirous, en février 1858, et qui lui parlait avec respect « comme à une personne » ? Si ce n’était pas la Mère du Christ, qui était-elle donc ? Qu’est-ce qui la rendait si belle ? Si compatissante et douce ? Où se cachait-elle avant d’apparaître ?

Si c’était bien Marie, comme Bernadette finit par le comprendre, et comme toute l’histoire de Lourdes le confirme depuis 160 ans, comment douter encore ?

Le ciel existe.

Père Jean-Loup Lacroix


Horaires de Toussaint et du 2 novembre à Saint-Sulpice

Jeudi 31 octobre

  • 18h45 : Première messe de Toussaint.

Vendredi 1er novembre : Fête de Toussaint

  • Messes à 7h00, 9h00, 11h00, et 18h45.
  • Confessions aux horaires d’un dimanche : de 16h00 à 19h00 (sauf pendant les vêpres).
  • De 17h30 à 18h30 : adoration du Saint Sacrement.
  • À 18h00 : VÊPRES SOLENNELLES et Salut du Saint-Sacrement.
  • Vers 19h45, immédiatement après la messe paroissiale de 18h45 : cérémonie des Premiers Vendredis Du Mois. (Adoration, chapelet de divine miséricorde, procession et salut au Saint Sacrement. Chants animés par l’Association « Pour la Miséricorde Divine »).

Samedi 2 novembre : jour de prière pour les défunts

  • « Commémoration de tous les fidèles défunts » ; messe pour les défunts à 7h00 (2 rue Garancière) ; 9h00 et 12h05. La messe de 12h05 est spécialement célébrée à l’intention de tous les défunts de notre paroisse, en particulier ceux de l’année écoulée.
  • Samedi 2 novembre à 18h45 : première messe du dimanche.