« Journée Mondiale des Pauvres »

Je suis frappé par la formulation : « les pauvres ». On se serait attendu à quelque-chose comme « journée mondiale de lutte contre la pauvreté ». Mais non. C’est plus direct : « les pauvres ». Comme si on risquait de ne pas les voir, de ne pas les regarder en face, de ne pas vouloir croiser leur regard.

Avons-nous vraiment envie de soutenir le regard de l’homme de la photo ci-dessus ? Son petit sourire ? Son air interrogatif ?

Qu’est-ce qu’il nous veut, cet homme, son cierge à la main ?

Mon interprétation est qu’il sourit pour ne pas pleurer. De joie, en fait. De dignité retrouvée.

La photo fait l’affiche du « Fratello 2019 » qui a lieu en ce moment même, à Lourdes. Là-bas, depuis toujours, les plus pauvres sont les bienvenus. Bernadette était l’une d’entre eux. En 1955, Mgr Jean Rhodain, le fondateur du Secours Catholique, y a créé la Cité Saint-Pierre.

Je cite : « La cité Saint-Pierre, a été créée en 1955 par le Secours Catholique pour fournir, selon le vœu de Bernadette Soubirous, gîte et couvert aux familles en situation de grandes difficultés. Chaque année, 24 000 personnes à bout de forces et de moyens, en quête d’espérance, sont accueillies à la cité Saint-Pierre, le temps d’un pèlerinage. »

Mardi dernier, avec le Conseil Pastoral Paroissial, nous faisions le point sur notre thème d’année : « Heureux les pauvres ». Nous sentions tous la difficulté qu’il y a à nous confronter à cette « Première Béatitude ». Il est probable que nous préférions penser à autre chose. La pauvreté est un problème, n’est-ce pas ?

Bien sûr, nous souhaitons que la pauvreté recule ; mais nous devons découvrir que la solution aux problèmes dont souffre l’humanité passe par la dignité, le courage et l’espoir des plus pauvres.

Si nous savons reconnaître la dignité inaliénable des plus avilis de nos frères humains, alors nous guérirons du scepticisme et du nihilisme.

Si nous savons reconnaître le courage qu’il faut aux plus démunis simplement pour survivre, alors nous cesserons de gémir et de protester sans cesse.

Si nous comprenons que leur lutte de tous les jours pour garder espoir n’est pas un combat perdu d’avance, alors s’ouvrira devant nous la porte de l’espérance la plus haute.

Ces mots d’un Psaume nous apporteront le salut : « Un pauvre crie : le Seigneur entend » (Ps 33,7).

Les plus pauvres ne seraient pas le problème, mais bien la solution ?

Comprenne qui pourra !

Père Jean-Loup Lacroix
16 novembre 2019

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