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« Amazonie bien-aimée »

Ce texte du Pape était attendu. Comme beaucoup, je m’inquiétais de ce qu’on y trouverait sur le célibat des prêtres. Mais François ne s’est pas laissé détourner de son sujet. Ce qui retient son attention, c’est la grande forêt et ce sont ses habitants.

Maintenant, ma crainte est que ce beau texte soit trop peu lu. « L’Amazonie bien-aimée se présente au monde dans toute sa splendeur, son drame et son mystère » (premiers mots du texte) Allons-nous aller plus loin ? Nous n’avons pas forcément envie qu’on nous parle une fois de plus d’un drame qui semble inéluctable.

Mais lisons un peu mieux. Le Pape nous parle d’amour, de beauté, de mystère. Peut-être pourrions-nous tendre l’oreille.

L’Amazonie souffre, mais est-elle condamnée ? Pas davantage que la terre. Pas plus que l’humanité même.

Toutes trois sont malades parce que trop mal aimées. Sans un élan du cœur, on ne fera rien.

Lisez ! Vous verrez : ensuite, l’espoir revient.

Père Jean-Loup Lacroix


1. L’Amazonie bien-aimée se présente au monde dans toute sa splendeur, son drame et son mystère.
5. J’adresse cette Exhortation à tous, en vue d’aider à réveiller l’affection et la préoccupation pour cette terre et vous inviter à l’admirer et à la reconnaître comme un mystère sacré.
7. Je rêve d’une Amazonie qui lutte pour les droits des plus pauvres, des peuples autochtones, des derniers, où leur voix soit écoutée et leur dignité soit promue.
Je rêve d’une Amazonie qui préserve cette richesse culturelle qui la distingue, où la beauté humaine brille de diverses manières.
Je rêve d’une Amazonie qui préserve jalousement l’irrésistible beauté naturelle qui la décore, la vie débordante qui remplit ses fleuves et ses forêts.
Je rêve de communautés chrétiennes capables de se donner et de s’incarner en Amazonie, au point de donner à l’Église de nouveaux visages aux traits amazoniens.
17. On peut trouver des alternatives d’élevage et d’agriculture durables, des énergies qui ne polluent pas, des sources de travail digne qui ne provoquent pas la destruction de l’environnement et des cultures.
48. L’équilibre planétaire dépend aussi de la santé de l’Amazonie. Avec le biome du Congo et de Bornéo, elle éblouit par la diversité de ses forêts desquelles dépendent aussi les cycles des pluies, l’équilibre du climat, et une grande variété d’êtres vivants.
55. Apprenant des peuples autochtones, nous pouvons contempler l’Amazonie, et pas seulement l’étudier, pour reconnaître ce mystère qui nous dépasse. Nous pouvons l’aimer, et pas seulement l’utiliser, pour que l’amour réveille un intérêt profond et sincère. Qui plus est, nous pouvons nous sentir intimement unis à elle, et pas seulement la défendre, et alors l’Amazonie deviendra pour nous comme une mère.
62. Face à tant de besoins et d’angoisses qui crient du cœur de l’Amazonie, nous pouvons répondre par des organisations sociales, des ressources techniques, des espaces de discussion, des programmes politiques, et tout cela peut faire partie de la solution. Mais nous ne renonçons pas, en tant que chrétiens, à la proposition de la foi que nous recevons de l’Évangile. Même si nous voulons lutter avec tous, coude à coude, nous n’avons pas honte de Jésus-Christ.
87. La manière de configurer la vie et l’exercice du ministère des prêtres n’est pas monolithique, et acquiert diverses nuances en différents lieux de la terre. Il est important de déterminer ce qui est spécifique au prêtre. […] La première conclusion est que ce caractère exclusif reçu dans l’Ordre le rend capable, seulement lui, de présider l’Eucharistie. C’est sa fonction spécifique principale et qui ne peut être déléguée.
Certains pensent que ce qui distingue le prêtre est le pouvoir, le fait d’être l’autorité suprême de la communauté. Mais saint Jean-Paul II a expliqué que, même si le sacerdoce est considéré comme “hiérarchique”, cette fonction n’équivaut pas à le mettre au-dessus des autres, mais l’ordonne totalement à la sainteté des membres du Christ.
99. En Amazonie, il y a des communautés qui se sont longtemps maintenues et ont transmis la foi sans qu’un prêtre ne passe les voir. Cela s’est fait grâce à la présence de femmes fortes et généreuses.
Pendant des siècles, elles ont maintenu l’Église debout dans ces régions avec un dévouement admirable et une foi ardente. Elles-mêmes, au Synode, nous ont tous émus par leur témoignage.
100. Cela nous invite à élargir le champ de vision pour éviter de réduire notre compréhension de l’Église à des structures fonctionnelles.
107. Nous avons un trésor dans les Saintes Écritures que d’autres religions n’acceptent pas, même si elles sont parfois capables de les lire avec intérêt. Nous avons aussi une grande richesse dans les sept sacrements que certaines communautés chrétiennes n’acceptent pas dans leur totalité. En même temps que nous croyons fermement en Jésus comme unique Rédempteur du monde, nous cultivons une profonde dévotion envers sa Mère. Nous avons le devoir de communiquer à l’Amazonie la richesse de cet ardent amour maternel dont nous sommes les dépositaires.
109. Nous tous, chrétiens, nous sommes unis dans la foi en Dieu le Père qui nous donne la vie et qui nous aime tant. Nous sommes unis dans la foi en Jésus-Christ, l’unique Rédempteur qui nous a libérés par son Sang béni et par sa Résurrection glorieuse. Nous sommes unis dans le désir de sa Parole qui guide nos pas. Nous sommes unis dans le feu de l’Esprit qui nous pousse à la mission. Nous sommes unis dans la conviction que tout ne s’achève pas dans cette vie, mais nous sommes appelés à la fête céleste où Dieu séchera toutes les larmes et reconnaîtra ce que nous avons fait pour ceux qui souffrent.
110. Nous sommes unis par tout cela. Comment ne pas lutter ensemble ? Comment ne pas prier ensemble et travailler côte à côte pour défendre les pauvres de l’Amazonie, pour montrer la sainte face du Seigneur et pour prendre soin de sa création ?
Donné à Rome, près de Saint Jean du Latran, le 2 février, fête de la Présentation du Seigneur de l’année 2020, la septième de mon Pontificat.
FRANÇOIS

 

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