« Parfume-toi la tête. »

« Parfume-toi la tête. Lave-toi le visage. »

Un jour de jeûne n’est pas un jour pour montrer ses larmes.

Pourquoi cela ? La principale raison est que notre jeûne doit être discret, tout comme nos prières et nos aumônes. Nous ne voulons pas « faire carême » de manière ostentatoire.

Il me semble pourtant qu’il y a une autre raison.

Le jeûne chrétien conduit à la vie. Il est un chemin de consolation. Il prépare l’accomplissement des promesses contenues dans les Béatitudes. Il donne la joie !

Nous commençons ce carême dans un contexte particulièrement difficile. Il y a la guerre en Syrie. Il y a la multiplication des révélations sur les crimes commis au sein de l’Église elle-même, et pas seulement par des prêtres. Il y a maintenant cette maladie dont les victimes vont se multiplier.

Dans plusieurs villes et village d’Italie, depuis plusieurs jours, on a dû renoncer à se rassembler pour la messe, ce qui durera des jours ou des semaines. Dimanche dernier, le curé d’un gros village de Lombardie avait fait savoir qu’il célébrerait seul mais qu’on sonnerait les cloches au moment de la consécration, pour que tous puissent s’unir, depuis leurs maisons. La messe dite, il est sorti avec le Saint-Sacrement par la porte donnant sur le cimetière. De là, il a béni toute la ville.

Ce soir, sans oublier ce contexte, nous voulons que la foi et la joie soient les plus fortes. Nous sommes heureux d’entrer en carême, car nous allons parcourir ce chemin à la suite de Jésus.

Les cendres nous rappelleront la vérité de notre condition humaine blessée par le péché. Elles nous diront l’exigence de la conversion et de la foi : « Convertissez-vous et croyez. »

Matériellement, ce soir, nous n’utiliserons pas de parfum. Il faudra attendre samedi prochain et les célébrations diocésaines des confirmations des adultes pour que le Saint-Chrême soit utilisé en abondance et que notre église tout entière en soit parfumée.

Je suggère cependant que nous avancions pour recevoir les cendres en ayant en mémoire le jour de notre baptême et celui de notre confirmation, quand nous avons-nous-mêmes reçu le Saint-Chrême. Pour qui est familier de la Bible, le sens est clair. Le livre des Psaumes et celui d’Isaïe parlent l’un est l’autre d’une huile d’allégresse que le Messie recevra.

Si Jésus nous dit de nous parfumer la tête quand nous jeûnons, c’est peut-être pour cacher notre honte. C’est surtout pour accueillir sa joie.

Père Jean-Loup Lacroix
Homélie pour le Mercredi des Cendres