• L’ÉGLISE SAINT-SULPICE EST FERMÉE AUX FIDÈLES ET AU PUBLIC POUR PLUSIEURS SEMAINES

    Nous sommes présents au téléphone pour répondre à toutes vos demandes.
    L’accueil de la paroisse : 06 20 07 90 25.

    Le secrétariat administratif : 01 42 34 59 94.

    DES INFORMATIONS PLUS PRÉCISES VOUS SERONT DONNÉES PROCHAINEMENT ICI-MÊME.

Vous êtes la lumière du monde

Emblème de Foi et Lumière, dessin de Meb, artiste souffrant d’un handicap

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples :
« Vous êtes le sel de la terre.
Mais si le sel devient fade,
comment lui rendre de la saveur ?
Il ne vaut plus rien :
on le jette dehors et il est piétiné par les gens.

Vous êtes la lumière du monde.
Une ville située sur une montagne
ne peut être cachée.
Et l’on n’allume pas une lampe
pour la mettre sous le boisseau ;
on la met sur le lampadaire,
et elle brille pour tous ceux qui sont dans la maison.
De même, que votre lumière brille devant les hommes :
alors, voyant ce que vous faites de bien,
ils rendront gloire à votre Père qui est aux cieux. »

– Acclamons la Parole de Dieu.

« Vous êtes la lumière du monde, le sel de la terre. » A qui Jésus dit-il cela ? Aux foules qui se sont rassemblées autour de lui en Galilée. On est sur la hauteur, dans un site magnifique qui domine ce grand lac qu’on appelle la Mer de Galilée. Jésus vient de proclamer les Béatitudes : « Heureux, vous les pauvres. » Il ajoute ces deux paroles que nous venons d’entendre.

Il s’adresse donc à des gens qui commencent seulement à être ses disciples. Il ne parle pas à une élite. Ce qu’il dit ne vaut pas pour celles et ceux qui seraient déjà allés très loin sur le chemin spirituel nouveau qu’il a ouvert. Il parle pour tous : tous ces disciples de ce temps-là et tous ceux qui le deviendraient un jour.

Il parle pour vous et moi.

Comment ose-t-il nous dire que nous sommes la lumière du monde ? Est-ce parce qu’il prévoit l’avenir ? De fait, ce qu’il a apporté a profondément renouvelé l’humanité, même si ce n’est pas autant qu’on le voudrait, même si c’est toujours inachevé, et toujours remis en cause.

Mais Jésus a une raison plus simple de parler comme il le fait. C’est ce qu’il sait de lui-même. C’est la conscience qu’il a de son identité, de qui il est, et de sa mission. Depuis toujours, il est habité par une lumière intérieure, par une certitude intime. Cette lumière paisible et toute-puissante, c’est la présence en lui de celui qu’il désigne comme son Père, Dieu lui-même. Dieu lui donne tout et il se donne tout entier à Dieu. C’est si vrai qu’il pourra dire un jour : « Le Père et moi nous sommes UN. » Il est comme quelqu’un qui n’a rien à prouver, qui n’a pas besoin de se rassurer sur lui-même, qui ne joue jamais la comédie, qui ne se ment pas à lui-même et qui ne vous ment jamais. Il dira un autre jour : « Je suis le chemin, la vérité, la vie. » Il n’a pas besoin de se montrer orgueilleux, ni de se mettre en avant. Il est au-dessus de tout cela.

Peu avant de rassembler les foules sur la montagne des Béatitudes, il a voulu que Jean-Baptiste lui donne le baptême. Il y a eu alors, pour lui et pour quelques rares témoins, une confirmation de ce qu’il porte en lui. La voix de Dieu s’est fait entendre : « Tu es mon Fils bien-aimé : en toi, j’ai mis tout mon amour. »

Si le Christ nous dit que nous sommes la lumière du monde, ce n’est pas pour que nous devenions mégalomanes, mais c’est pour que nous ayons bien conscience du trésor que nous avons à transmettre : un trésor que nous possédons si et seulement si nous lui sommes unis.

Il ne faut pas s’y tromper : la lumière du monde, c’est lui. Nous ne devenons lumière du monde et sel de la terre qu’à la mesure, souvent imparfaite, de notre union à lui. Une union qui naît et grandit quand nous accueillons sa parole, quand celle-ci devient notre nourriture, quand le baptême et l’eucharistie, viennent créer et faire vivre, entre lui et nous, un lien plus profond que tout ce que nous sommes capables d’imaginer.

Quelle sera la destinée de ces foules de Galilée qui furent les premières à entendre l’Évangile ? Parmi ces gens, il y eut le tout petit groupe qui l’accompagna à Jérusalem. D’autres, parmi ceux qui lui demeurèrent fidèles, restèrent sur place. Dix ou vingt ans plus tard, quand les disciples du Christ furent chassés de Jérusalem, la Galilée fut une terre de refuge, mais on dut aussi partir plus au nord et à l’est, vers Antioche et vers Damas. C’est là, sur la route de Damas, que Paul trouva la foi. C’est là, à Antioche, que les disciples du Christ furent désignés du nom de « chrétiens », ce qui était bien le meilleur nom qu’on puisse leur donner, nous donner. C’est dans ces régions aussi, semble-t-il que Matthieu, plus tard a écrit son évangile, tout comme Marc, Luc et Jean le firent ailleurs.

Ce n’était qu’un début. À nous aussi, à notre tour le Christ dit : « Vous êtes le sel de la terre. Vous êtes la lumière du monde. »

Comment pourrons-nous être sel et lumière en notre temps, dans ce 21e siècle qui commence dans l’incertitude et qui verra certainement des changements sans précédent ?

Devons-nous aller à contre-courant ? Devons-nous contester résolument ce qu’il y a d’inhumain dans notre société et dans son évolution ? Nous avons certainement à le faire.

Devons-nous joindre nos efforts aux efforts de tous, comme le demandait le concile Vatican II il y a un demi-siècle ? Devons-nous « prendre notre part », selon l’expression consacrée ? Prendre des initiatives comme beaucoup d’autres en prennent ? Sans aucun doute.

En toute hypothèse, nous aurons à boire à la même source que les chrétiens de tous les temps : celle de l’Évangile.

image_pdfTélécharger en PDFimage_printImprimer
Print Friendly, PDF & Email

Les commentaires sont fermés.