Église fermée !

Cela dépasse tout ce que nous imaginions !

Le confinement nous protège, mais il nous isole. On voudrait parler à tous ceux que l’on aime. Il faudrait passer sa journée au téléphone pour ne délaisser personne. On n’y arrivera pas.

On voudrait serrer dans ses bras toute personne en détresse. C’est absolument impossible.

À Paris, c’est le grand silence. Depuis ma fenêtre, j’aperçois quelques coureurs qui longent les grilles du Luxembourg. L’après-midi, à l’heure où il fait doux, quelques vieux ménages sortent pour une promenade.

Cette semaine, il était resté possible de garder notre église ouverte. Le paradoxe était qu’il n’était pas prévu que l’on puisse en faire le but d’une sortie. Quelques personnes venaient quand même, sans s’approcher les unes des autres. Prudemment.

En fait, l’église n’était pas vide. Vous y auriez trouvé nos amis sans-domicile. Surtout, vous y auriez trouvé le tabernacle. Le Christ présent, réellement, au cœur de notre ville dans l’épreuve.

Ce samedi, j’ai dû me rendre à l’évidence. Le temps est venu d’appliquer avec une plus grande rigueur les consignes de confinement. Je suis frappé par ces médecins urgentistes qui expriment leur colère : « Restez chez vous ! »

Notre église restait symboliquement ouverte. La voici totalement fermée.

Que va devenir notre communauté paroissiale ? Elle a littéralement disparu. Des images bibliques me reviennent en mémoire. Elles disent la tristesse d’un pasteur : « Mes brebis sont dispersées dans tout le pays » (Ez 34).

Vous me direz : Ce qui nous unit est spirituel, il n’est pas si grave que nous soyons physiquement séparés. C’est vrai. Nous croyons à la communion des saints. Celle-ci est une réalité dont la source est en Dieu. Ce qui blesse le corps du Christ ne le détruit pas. Il demeure qu’une communauté chrétienne qui ne peut pas vivre l’eucharistie est en danger, et surtout si elle s’y habitue.

Conclusion : nous devons utiliser tous les moyens qui restent à notre disposition pour garder des liens. On fait cela dans les familles. On prend des nouvelles. On s’envoie des messages. Nous avons à faire la même chose entre paroissiens.

Ce dimanche à 15h00, une petite « visio-conférence » réunira le groupe de nos quatre catéchumènes. Leur baptême sera reporté de Pâques à Pentecôte. C’est une épreuve. Pensons à prier pour elles. Voici leurs prénoms : Alice, Cléa, Florine et Jessy.

Mercredi prochain, 25 mars, fête de l’Annonciation, à 19h30, ce sera cette prière commune de tous les catholiques de France, pendant que les cloches sonneront.

Nos offices du presbytère ne sont pas diffusés, mais vous pouvez vous y unir chaque jour. Laudes à 8h00. Messe à 8h30 en semaine, à 11h00 le dimanche. Vêpres à 19h00.

Restons unis !

Père Jean-Loup Lacroix

Les commentaires sont fermés.