Les Cloches de Saint-Sulpice

Les cloches de Saint-Sulpice

Retour des cloches en 2009

Notre église est fermée mais tout le jour, de huit heures à vingt-deux heures, elle nous accompagne de ses cloches. Les connaissez-vous ? Elles sont cachées dans la tour nord, terminée en 1780 et équipée dès l’année suivante de huit cloches. Celles-ci furent installées dans le beffroi, structure en chêne, montée à l’intérieur de la tour, sur trois niveaux. A l’époque, c’était la plus imposante sonnerie jamais réalisée pour une église paroissiale en France, rivalisant en poids et en harmonie avec celle de Notre-Dame.

Arrive la Révolution : les cloches sont descendues, partent pour la fonte et sont transformées en canons ou en monnaie. Saint-Sulpice et ses paroissiens restent alors plus de trente années sans cloches ! Il faudra attendre la Restauration pour que d’abord trois cloches, puis deux autres, viennent rendre vie au beffroi. Les trois derniers emplacements attendent toujours… A leur installation, ces cinq cloches sont actionnées à la main et au pied par plusieurs sonneurs, sous la direction d’un maître-sonneur. Celui-ci, à la fin du XIXe siècle, sera immortalisé par Huysmans dans son roman  Là-Bas en la personne de Carhaix, sonneur mythique à la sensibilité et au talent exceptionnels. Mais le progrès touche aussi les églises. Après l’éclairage au gaz arrive au début du XXe siècle l’électrification des cloches. Plus de sonneur !

Soyez attentifs, quand vous entendez sonner les heures, c’est Marie, 2,5 tonnes, suspendue au niveau intermédiaire du beffroi, qui se met en branle. Pour l’angélus du midi et du soir, Marie tinte trois fois puis succède une sonnerie en volée d’Henriette-Louise, la plus petite avec  ses 980 kg, toute seule en haut, là où trois emplacements restent vides. Et c’est Thérèse, la plus lourde, 6 tonnes, troisième cloche de Paris derrière la Savoyarde du Sacré-Cœur et le bourdon de Notre-Dame, qui sonne le glas pour accompagner les défunts et nous permettre de joindre notre prière à celles de leurs proches.

Danielle Randria (Art Culture et Foi)

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