Nouvelles de l’école de Bouyembé

A la demande de paroissiens de Saint-Sulpice, l’Abbé Judicaël nous adresse un message depuis le campus du grand séminaire de Bangui où il enseigne. Le son est un peu faible : vous trouverez le texte intégral ci-dessous :

Chers paroissiens de Saint-Sulpice,

Je vous souhaite à tous une très belle et très sainte fête de Pâques.

En ces temps de confinement, je voudrais vous assurer de ma communion par la prière et par la pensée et surtout mon respectueux souvenir.

Je suis l’abbé Judicaël Boukanga, prêtre du diocèse de Bangui, enseignant de théologie et directeur des études au Grand Séminaire Saint Marc de Bimbo où je suis présentement. De 2012 à 2016, j’ai été accueilli, hébergé et soutenu pour mes études en théologie et en lettres modernes par la paroisse Saint-Sulpice. Je suis donc assez reconnaissant et joyeux de pouvoir aujourd’hui vous adresser ce message pour l’école Bouyembé que la paroisse soutient depuis l’année pastorale 2013-2014.

L’école Bouyembé va bien. Pour la petite histoire, en 2013, l’inspection générale avait décidé de fermer l’école parce que les infrastructures étaient assez dégradées. L’école était en ruine. Sur les trois bâtiments que comportait l’école, deux étaient effondrés, les murs ne tenaient plus et, dans les salles de classe, il n’y avait plus aucun table-banc. Du coup, les enfants ne pouvaient pas s’asseoir convenablement. Ils manquaient de matériel didactique. Alors, voici qu’avec l’effort de carême de cette année là, nous avons pu acheter des tables-bancs. Nous avons pu commencer à rééquiper, et rénover progressivement l’école. Et le geste a été apprécié, salué par l’inspection générale qui a décidé de maintenir l’école en vie. Ce fut une très grande joie, pour les paroissiens, pour les habitants des cinq villages dont les enfants fréquentent l’école parce qu’ils voyaient que l’avenir de leurs enfants était hypothéqué. N’oublions pas qu’en 2013, c’était l’année où le pays traversait la guerre civile, le conflit socio-politique le plus terrible de l’histoire avec le phénomène des anti-balaka, avec le phénomène des seleka. Même les seleka, même les anti-balaka du secteur ont apprécié l’effort de carême des paroissiens de Saint-Sulpice, ont apprécié les travaux de rénovation de l’école parce qu’ils voyaient que leurs enfants étaient sauvés, leurs enfants pouvaient croire en l’avenir.

 

Aujourd’hui cette école va bien. Pour l’année académique 2019-2020, l’école a enregistré un effectif record : 388 enfants, un directeur et 4 maitres-parents. Les maitres-parents ce sont des parents qui ont un niveau d’instruction assez élevé et qui acceptent bénévolement de soutenir l’instruction des enfants parce que l’école est située à 220 km de Bangui, la capitale. C’est assez loin, chez-nous, parce que l’état des routes est pitoyable. Les routes sont assez dégradées aussi et l’accès à l’école Bouyembé n’est pas du tout facile.

C’est avec joie que je vous présente cette école, que je vous remercie au nom de tous les enfants et de tous les villageois pour tout ce que vous faites. Pour nous, c’est comme la main de Dieu ; pour nous c’est un signe de cette communion, de cette fraternité que seule la foi peut établir entre les peuples, entre les différentes églises. Je vous remercie aussi donc au nom de notre Eglise locale, du diocèse de Bangui, pour tout ce que vous êtes, pour tout ce que vous faites.

Alors, les collectes que nous recevons, nous permettent de continuer la rénovation de l’école. Et là, nous envisageons de construire un nouveau bâtiment. Parce qu’il n’y a que trois bâtiments, nous sommes obligés, à l’école Bouyembé, de superposer les classes ou bien de permettre à une classe de fréquenter par exemple de 9 h à 10 h et une autre de 10 h à 12 h. Il nous faudrait avoir beaucoup plus de bâtiments scolaires, il nous faudrait aussi continuer à doter l’école d’infrastructures pour faciliter l’instruction des enfants.

Au nom du diocèse de Bangui, de l’Archevêque, le cardinal Dieudonné Nzapalainga, au nom de tous les villageois, du village Bouyembé et tous les villages qui l’environnent, je vous remercie et je voudrais surtout en ces moments difficiles avec cette terrible pandémie du coronavirus vous assurer de ma profonde prière, de mon amitié et de mon respectueux souvenir. Que Dieu vous bénisse !

 

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