Patience

Nous espérons tous qu’il n’y aura pas de mauvaise surprise. Au surlendemain de Pentecôte, dans 30 jours exactement, ou peut-être le jour-même, dans 28 jours, nous pourrons de nouveau nous rassembler pour l’eucharistie.

Un mois à attendre. Ou plutôt, à prier et à travailler.

D’abord prier. Parce que le confinement n’aura pas éteint en nous l’amour de Dieu, ni le désir de nous tourner vers lui pour épancher notre cœur.

Ensuite, travailler. Parce qu’il y a beaucoup à faire pour préparer le temps d’après.

À la Paroisse, nous avons à réaménager l’église. On nous dit que la règle retenue sera celle des « quatre mètres » : un devant chacun, un derrière, un à droite, un à gauche. Plusieurs centaines de personnes pourront donc prendre place dans la nef. Beaucoup d’autres pourront s’installer en toute sécurité dans les collatéraux et les chapelles. Les jours d’affluence, il faudra installer des écrans, comme on faisait à Notre-Dame, pour que tous puissent suivre. Nous sommes en train de faire des travaux préparatoires pour installer cela.

D’autres travaux débuteront dès ce lundi : pour l’orgue, pour l’éclairage, pour la propreté et la sécurité.

En attendant, les messes se succèdent au presbytère ou même à l’église, mais « privées ». Sans les fidèles. Ce qui est un crève-cœur. De semaine en semaine, nous apprenons à mieux utiliser les caméras et les moyens de transmission. Ce dimanche 3 mai, nous ferons un premier essai de diffusion de la messe en direct depuis notre église : les prêtres du presbytère entoureront l’autel, aidés par deux personnes : organiste et chantre.

J’essaye d’imaginer ce que sera notre « première messe », le mardi 2 juin, ou peut-être déjà le 31 mai. Je la ressens comme un rendez-vous un peu intimidant. Ce sera comme les retrouvailles d’une famille que des événements tragiques ont dispersée depuis trop longtemps. On doit alors réapprendre à être ensemble, à se respecter, à s’aimer.

Avant ce confinement, est-ce que nous venions toujours à la messe avec assez de respect ? Nous, les prêtres, est-ce que nous avions assez d’attention et de gratitude pour ces fidèles qui faisaient l’effort de venir, pas forcément à l’heure, mais avec foi, poussés par leur amour de Dieu ?

Le Renard du Petit Prince voulait savoir quand son ami viendrait afin d’avoir le temps de « s’habiller le cœur ». Le Petit Prince, quant à lui, disait au Marchand : « Moi, si j’avais cinquante-trois minutes à dépenser, je marcherais tout doucement vers une fontaine. »

Oui, c’est bien cela : marcher vers une fontaine.

Patiemment.

Père Jean-Loup Lacroix

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