Petite chronique

Comment le trouvez-vous ce monde d’après dont nous rêvions ? Vous me direz qu’on n’y est pas encore. Nous restons coincés par mille interdits. Pas de Luxembourg. Pas de messe. Impossible de rejoindre ses proches s’ils sont un peu loin.

Nous comprenons cependant qu’une nouvelle période s’est ouverte, avec des contraintes qui cesseront bientôt et d’autres qui vont durer des mois, peut-être des années.

Nous avions compris qu’il serait bien préférable de vivre désormais plus simplement, sans loisirs dispendieux ni complications inutiles. Nous découvrons que beaucoup de choses risquent au contraire de devenir plus compliquées, avec sans cesse des consignes plus contraignantes à respecter.

Le bon côté de ce que nous vivons ces jours-ci, c’est le bonheur qu’il y a à se retrouver. Le contact avec nos semblables nous manquait.

On va chez le droguiste ou le coiffeur. On croise le plombier ou le maçon. On leur demande comment ça va. Dans notre grande ville, on ne savait plus faire cela.

Les êtres humains sont faits pour s’aimer les uns les autres. C’est ce que le Créateur voulait et la nature les a faits ainsi.

Il reste que nous piaffons d’impatience. On me demande : « Vous êtes bien certain qu’il y aura des messes pour Pentecôte ? » Je réponds que j’y compte bien. Nous avons maintenant les consignes pour la réouverture des églises. La mauvaise nouvelle, est que c’est l’interprétation stricte de la fameuse « règle des quatre mètres » qui a prévalu. Là où l’on installait quatre personnes, on n’en mettra plus qu’une. Notre belle église de 2 000 places n’en aura plus que 500 ! Il est même prévu que l’on ferme les portes dès que toutes les places sont remplies. (Il sera donc conseillé d’arriver en avance !)

Pour la messe de Pentecôte, cela ne sera pas un problème : beaucoup de paroissiens ne seront pas encore rentrés à Paris. En d’autres occasions, ce sera plus difficile. Il faudra alors gagner quelques places en installant des personnes dans le déambulatoire et peut-être jusque dans la chapelle de la Vierge. Des écrans devraient leur permettre de participer quand même assez bien.

Pour gagner quelques places dans la nef, le bel espace d’accueil rectangulaire dont je vous présentais le plan dimanche dernier prendra finalement la forme d’un U.

Puis-je vous partager une autre impression ? Au milieu de tout ce remue-ménage, je trouve l’Évangile plus beau et fort que jamais. Des paroles du Christ mille fois entendues prennent un relief nouveau : « Ce que je vous commande, c’est de vous aimer les uns les autres. » Ou bien : « Je vous appelle mes amis. » Ou encore cette déclaration fulgurante : « Philippe, qui m’a vu a vu le Père. »

Père Jean-Loup Lacroix

On me demande : « Où est donc cette surprise que vous évoquiez ? » Patience ! Pour vous la préparer, il nous faut garder l’église fermée une semaine encore. Vous pouvez cependant venir prier devant le Saint-Sacrement tous les après-midis à la chapelle de l’Assomption (de 13h00 à 17h00, entrée par la rue Garancière, masques requis, confessions possibles sur rendez-vous). Plus d’informations : 01 42 34 59 94 ou 01 42 34 59 94

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